Ukulélé
Le ukulélé, né à Hawaï dans les années 1880, existe en soprano, concert, ténor et baryton : accordage sol do mi la, choix, entretien et musiciens phares.

Le ukulélé est un petit instrument à cordes pincées d’origine hawaïenne, doté de quatre cordes le plus souvent en nylon et accordées sol, do, mi, la. Sa caisse en forme de huit rappelle une guitare acoustique miniature. Né à Hawaï dans les années 1880 à partir d’instruments apportés par des immigrés portugais, il existe en quatre tailles principales, du soprano au baryton, et se joue aussi bien en accompagnement qu’en soliste.
Comment fonctionne un ukulélé ?
Le principe est celui d’une guitare acoustique : les cordes, pincées ou grattées, font vibrer la table, et la caisse de résonance projette le son sans amplification. Les cordes, en boyau à l’origine, sont aujourd’hui en nylon, en fluorocarbone ou en boyau synthétique, parfois filées de métal pour les plus graves. Les frettes sont généralement en maillechort.
Sa particularité tient à son accordage dit rentrant. Dans l’accord standard sol, do, mi, la, la corde de sol est accordée une octave plus haut que l’on s’y attendrait : c’est la deuxième note la plus aiguë des cordes à vide, juste sous le la. Le do correspond au do central du piano. Cet accordage permet des accords aux notes très resserrées. L’accord low G, avec un sol grave, est plus rare sur soprano mais plus courant sur les grandes tailles, notamment le ténor.
Histoire du ukulélé : les dates clés
- Août 1879 : le navire Ravenscrag débarque à Hawaï des immigrés venus de Madère. Deux semaines plus tard, la presse locale évoque leurs concerts de rue nocturnes. Ils apportent le machete (ou braguinha) et le rajão, petites guitares portugaises.
- Années 1880 : trois ébénistes madériens, Manuel Nunes, José do Espírito Santo et Augusto Dias, sont généralement considérés comme les premiers fabricants de ukulélés. Le roi Kalākaua soutient activement l’instrument et le fait jouer lors des réceptions royales.
- 1915 : l’Exposition internationale Panama-Pacifique de San Francisco fait connaître le ukulélé sur le continent américain, grâce au pavillon hawaïen et au Royal Hawaiian Quartet de George E. K. Awai.
- 1916 : fondation de Kamaka, plus ancien atelier hawaïen de ukulélés encore en activité, à qui l’on doit le modèle en forme d’ananas.
- Années 1920 : l’instrument devient un symbole de l’ère du jazz ; les partitions de chansons populaires portent des diagrammes d’accords pour ukulélé. Les tailles concert et ténor apparaissent.
- Années 1950 : Arthur Godfrey le popularise à la télévision, et l’Islander, modèle en plastique de Mario Maccaferri, se vend à plusieurs millions d’exemplaires. Le baryton, créé dans les années 1940, se répand.
- 1985 : création du Ukulele Orchestra of Great Britain, souvent cité comme point de départ du renouveau de l’instrument.
- 1993 : Israel Kamakawiwoʻole publie l’album Facing Future, dont le medley « Somewhere Over the Rainbow/What a Wonderful World » relance l’intérêt pour le ukulélé.
Le nom signifierait « puce sauteuse » en hawaïen, de ʻuku (puce) et lele (sauteur), une image peut-être liée aux mouvements des doigts du musicien.
Soprano, concert, ténor, baryton : quelle taille choisir ?
Les quatre tailles se distinguent par leur diapason, c’est-à-dire la longueur vibrante des cordes. Le soprano, taille d’origine et format standard, mesure environ 33 cm de diapason pour 12 à 15 frettes. Le concert, développé dans les années 1920 pour gagner en volume et en profondeur, atteint environ 38 cm et 15 à 18 frettes. Le ténor monte à environ 43 cm et 17 à 19 frettes, le baryton à environ 48 cm et 18 à 21 frettes.
Le choix dépend de la taille des mains et du répertoire. Le soprano, le plus compact, a aussi les cases les plus serrées. Le concert et le ténor laissent plus de place aux doigts et accueillent plus souvent l’accord low G. Le baryton, accordé ré, sol, si, mi comme les quatre cordes aiguës d’une guitare, permet à un guitariste de retrouver ses doigtés habituels.
Côté fabrication, les modèles économiques utilisent du contreplaqué ou des bois stratifiés, parfois avec une table en épicéa, alors que les instruments plus chers sont en bois massif comme l’acajou. Le koa, un acacia hawaïen, est le bois traditionnel. Ses cordes en nylon sont douces pour les doigts, comme celles d’une guitare classique.
Débuter et entretenir son ukulélé
Avant chaque séance, l’accordeur en ligne permet de vérifier rapidement les quatre notes sol, do, mi, la, en gardant à l’esprit que le sol est aigu. Pour poser les bases rythmiques du grattage, le guide Travailler avec un métronome propose une progression adaptée.
Instrument en bois, le ukulélé réagit à l’humidité comme une guitare acoustique. Taylor Guitars recommande pour ses guitares une humidité relative de 45 à 55 %, 40 à 60 % restant acceptables ; un bois trop sec peut se fissurer et laisser dépasser les frettes. Le rangement dans un étui, avec un hygromètre, limite ces écarts.
Variantes : banjolélé, ukulélé basse, tahitien
Le banjolélé associe un manche de ukulélé à une caisse de banjo, et George Formby l’a rendu populaire au Royaume-Uni. Le ukulélé basse, accordé comme une basse électrique, et le ukulélé contrebasse, accordé mi, la, ré, sol dans le grave, sont des innovations récentes, apparues respectivement en 2014 et en 2010. Le ukulélé tahitien, à caisse taillée dans une seule pièce de bois, sert surtout d’instrument rythmique. D’autres accordages existent, comme l’accord en ré (la, ré, fa dièse, si), courant aux États-Unis.
Musiciens et morceaux de référence
Cliff Edwards, surnommé « Ukulele Ike », et Roy Smeck ont marqué la première vague de popularité. George Formby était en 1939 l’artiste le mieux payé du Royaume-Uni. Au cinéma, Marilyn Monroe joue du ukulélé dans Some Like It Hot (1959) et Elvis Presley un ténor dans Blue Hawaii (1961). Tiny Tim s’y associe durablement avec « Tiptoe Through the Tulips », succès de 1968.
Deux membres des Beatles figurent parmi ses adeptes : George Harrison et Paul McCartney, qui en joue sur « Ram On ». Jake Shimabukuro a dépassé les 17 millions de vues sur YouTube, en septembre 2020, avec sa reprise de « While My Guitar Gently Weeps » de Harrison. En France, Louis Gasté a signé « Avec son ukulélé », et le Ukulélé Club de Paris, fondé par Cyril LeFebvre, Joseph Racaille et Brad Scott, a beaucoup compté dans le renouveau de la fin des années 1990.
Questions fréquentes
Comment accorder un ukulélé ?
L’accordage standard est sol, do, mi, la, de la quatrième à la première corde, avec un sol aigu. Le do correspond au do central du piano, ce qui fournit un repère simple avec un accordeur ou un clavier.
Quelle taille de ukulélé pour débuter ?
Le soprano est la taille d’origine et le format standard. Le concert et le ténor, plus longs, offrent des cases plus espacées, ce qui peut convenir à de grandes mains.
Le ukulélé est-il accordé comme une guitare ?
Pas exactement. Seul le baryton reprend l’accord ré, sol, si, mi des quatre cordes aiguës de la guitare. Le ukulélé standard équivaut à ces cordes avec un capodastre en 5e case, à ceci près que son sol est une octave plus haut.
Que signifie le mot ukulélé ?
Selon l’hypothèse la plus répandue, le mot hawaïen signifie « puce sauteuse ». Une autre hypothèse le rattache à des termes évoquant le geste de gratter et de frapper.
Variantes
- Soprano : diapason d’environ 33 cm, taille d’origine
- Concert : environ 38 cm, plus de volume
- Ténor : environ 43 cm, souvent accordé en low G
- Baryton : environ 48 cm, accordé ré, sol, si, mi
- Banjolélé : manche de ukulélé sur caisse de banjo
- Ukulélé basse et contrebasse : registre grave
- Ukulélé tahitien : caisse monoxyle, usage rythmique
- Forme ananas : caisse ovale de Kamaka
Composants
- Table : face avant, souvent en épicéa, acajou ou koa
- Caisse en forme de huit : fond et éclisses
- Manche et touche : 12 à 21 frettes selon la taille
- Frettes : généralement en maillechort
- Chevalet : ancrage des cordes sur la table
- Sillet : guide les cordes à la tête
- Mécaniques : une par corde
- Cordes : nylon, fluorocarbone ou boyau synthétique
Techniques de jeu
- Grattage en accords (strumming)
- Arpèges aux doigts
- Mélodie accompagnée (chord melody)
- Accordage rentrant ou low G
- Étouffements rythmiques
Usages et styles
- Musique hawaïenne
- Pop
- Folk
- Jazz des années 1920
- Chanson
- Variété