Aller au contenu

Guitare classique

La guitare classique à cordes nylon doit sa forme moderne à Torres : histoire, guitare flamenca, choix de la taille et position de jeu pour débuter.

La guitare classique est une guitare acoustique à six cordes en nylon, jouée aux doigts, dont le son est amplifié par une caisse de résonance en bois. Elle se distingue de la guitare folk par sa touche plate et large, par son manche qui rejoint la caisse à la 12e case et par ses cordes en nylon, moins tendues que l’acier. Sa forme moderne doit l’essentiel au luthier espagnol Antonio de Torres, au XIXe siècle. Elle porte le répertoire savant écrit pour guitare et a donné naissance à une forme dérivée, la guitare flamenca.

Comment fonctionne une guitare classique ?

Les cordes, pincées par les doigts de la main droite, transmettent leur vibration au chevalet collé sur la table d’harmonie. C’est cette table qui produit l’essentiel du son : Torres l’a montré en 1862 en construisant une guitare au fond et aux éclisses en papier mâché. Sous la table, des barres disposées en éventail soutiennent la structure, là où la guitare folk utilise un barrage en X.

Les trois cordes aiguës sont en nylon plein ; les trois graves sont filées, le plus souvent de cuivre argenté. Elles sont nouées au chevalet, sans chevilles. La tension du nylon étant plus faible que celle de l’acier, le manche peut être entièrement en bois. L’accordage standard est mi, la, ré, sol, si, mi, du grave à l’aigu, soit de 82,41 Hz à 329,63 Hz ; l’accord le plus courant après lui consiste à descendre la sixième corde en ré.

Le diapason, la longueur vibrante de la corde, mesure environ 650 mm, avec des variations de 635 à 664 mm selon les luthiers. La largeur au sillet va de 48 à 54 mm, contre environ 42 mm sur une guitare électrique. La touche compte généralement 19 frettes et ne porte le plus souvent aucun repère incrusté, sinon des points sur la tranche.

Histoire de la guitare classique : les dates clés

  • XVIe siècle : en Espagne, la vihuela à six chœurs doubles de cordes en boyau coexiste avec la guitare à quatre chœurs. En 1546, les Tres Libros de Música d’Alonso Mudarra contiennent les plus anciennes pièces connues pour cette guitare.
  • 1600-1750 : la guitare baroque à cinq chœurs doubles, servie par Gaspar Sanz ou Robert de Visée.
  • Fin du XVIIIe siècle : la guitare à six cordes simples apparaît. La plus ancienne conservée est attribuée à Gaetano Vinaccia et datée de 1779, une date jugée ambiguë.
  • Début du XIXe siècle : Fernando Sor (1778-1839) et Mauro Giuliani (1781-1829) comptent parmi les premiers grands compositeurs pour la guitare à six cordes.
  • À partir de 1852 : Antonio de Torres (1817-1892) construit ses guitares à Séville, puis à Almería à partir de 1871, avec une caisse agrandie, une table plus fine et un barrage en éventail symétrique qu’il perfectionne.
  • 1869 : Francisco Tárrega (1852-1909) acquiert une guitare de Torres. Considéré comme le père du jeu moderne, il fixe la position de l’instrumentiste et la notation des doigtés.
  • Années 1920 : Andrés Segovia fait connaître la guitare par ses tournées et ses premiers enregistrements.
  • 1940 : création du Concierto de Aranjuez de Joaquín Rodrigo, composé en 1939, par Regino Sainz de la Maza au Palau de la Música Catalana de Barcelone.
  • Après 1945 : le luthier Albert Augustine fait fabriquer des cordes en nylon par DuPont ; Segovia les adopte et les fait connaître. Jusqu’en 1948, les guitares étaient le plus souvent montées en boyau ou en soie.

Guitare classique, flamenca, à sept cordes : les variantes

La guitare flamenca dérive de la guitare classique moderne. Elle est un peu plus légère et plus petite, avec une table plus fine, un barrage moins dense et des cordes plus proches de la touche. Son son est plus brillant et plus percussif. Elle porte souvent un golpeador, une plaque de protection qui encaisse les frappes des doigts. On distingue la blanca, en cyprès, plus aiguë et percutante, et la negra, en palissandre, plus profonde et résonante. Le capodastre, appelé cejilla, sert surtout à adapter la tonalité à la voix du chanteur.

Il existe aussi des guitares de sept à onze cordes pour étendre la tessiture, et le luthier Ignacio Fleta a même construit en 1957 une douze cordes en nylon. Certains modèles hybrides empruntent à la fois à la classique et à la guitare folk, par exemple une touche plate avec 14 cases hors de la caisse. Enfin, des instruments plus petits, au diapason compris entre 484 et 578 mm, sont adaptés aux enfants.

Comment choisir et débuter à la guitare classique ?

La guitare classique est souvent conseillée pour commencer : Fender rappelle que les cordes en nylon sont plus douces pour les doigts que l’acier. Le manche large facilite les doigtés complexes, mais peut demander un temps d’adaptation pour placer la main gauche. Pour un enfant, on se tourne vers les formats réduits, choisis selon le diapason pour que les écarts de doigts restent possibles.

La position établie par Tárrega reste la référence : assis, la guitare posée sur la cuisse gauche, le pied gauche surélevé par un repose-pied ou l’instrument soutenu par un support à ventouses. La main droite attaque les cordes près de la rosace. Les partitions notent les doigts de la main droite p, i, m, a (pouce, index, majeur, annulaire) et ceux de la main gauche de 1 à 4, de l’index à l’auriculaire : le guide Lire une partition pose les bases du solfège utile au répertoire.

Avant chaque séance, un passage par l’accordeur en ligne évite de travailler sur un instrument faux, et le guide Accorder sa guitare détaille les méthodes de vérification.

Techniques de main droite et entretien

Deux attaques structurent le jeu. Le tirando, jeu sans butée, est la plus courante et représente l’essentiel du jeu : le doigt pince la corde sans toucher la suivante. L’apoyando, jeu en butée, termine au contraire sa course sur la corde voisine. Les gammes alternent index et majeur, les arpèges enchaînent pouce, index, majeur et annulaire, et le trémolo répète une note avec la séquence p, a, m, i. Le rasgueado, balayage avec le dos des ongles, est au cœur du flamenco.

Comme toute guitare en bois, la classique craint les variations d’humidité. Taylor Guitars situe la plage idéale entre 45 et 55 % d’humidité relative pour une guitare acoustique, 40 à 60 % restant acceptables ; un bois trop sec peut fissurer et laisser dépasser les frettes. Le rangement en étui, avec un hygromètre, limite ces risques.

Guitaristes et œuvres de référence

Après Sor, Giuliani et Tárrega, Segovia a élargi le répertoire en commandant des œuvres à Federico Moreno Torroba, Joaquín Rodrigo, Mario Castelnuovo-Tedesco et Manuel Ponce, tandis qu’Heitor Villa-Lobos écrivait des pages majeures pour l’instrument. Le Concierto de Aranjuez, en trois mouvements, est l’un des concertos pour guitare les plus connus. Debussy voyait dans la guitare un « clavecin expressif ».

Parmi les interprètes de référence du XXe siècle figurent Narciso Yepes (1927-1997), Ida Presti, Julian Bream (1933-2020), qui a commandé de nombreuses œuvres à des compositeurs britanniques, John Williams (né en 1941) et le Français Roland Dyens (1955-2016). Dans le flamenco, Paco de Lucía a combiné alzapúa et golpe dans « Entre dos aguas ».

Questions fréquentes

Quelle différence entre guitare classique et guitare folk ?

La classique a des cordes en nylon, un manche large, une touche plate et une jonction manche-caisse à la 12e case. La folk utilise des cordes d’acier plus tendues, un barrage en X et un manche plus étroit, souvent dégagé jusqu’à la 14e case.

Peut-on mettre des cordes métalliques sur une guitare classique ?

Ce n’est pas prévu : la guitare classique est conçue pour la tension plus faible du nylon, ce qui lui permet d’avoir un manche entièrement en bois. Des cordes d’acier exerceraient une traction pour laquelle l’instrument n’est pas construit.

Quelle taille de guitare classique pour un enfant ?

Les guitares réduites ont un diapason compris entre 484 et 578 mm, contre environ 650 mm pour une guitare adulte. On choisit la taille qui permet à l’enfant d’atteindre les premières cases sans tendre le bras.

Faut-il jouer avec les ongles ?

Les deux écoles existent. Fernando Sor jouait sans ongles, tout comme Tárrega à partir de 1902 et son élève Emilio Pujol ; le choix relève de l’école suivie et du son recherché.

Variantes

  • Guitare classique de concert : modèle hérité de Torres, diapason d’environ 650 mm
  • Guitare flamenca : plus légère, table fine, action basse, golpeador
  • Flamenca blanca (cyprès) et negra (palissandre)
  • Guitares de sept à onze cordes : tessiture étendue
  • Guitare hybride : cordes nylon, manche dégagé jusqu’à la 14e case
  • Tailles réduites : diapason de 484 à 578 mm pour les enfants

Composants

  • Table d’harmonie : principale source du son
  • Barrage en éventail : barres internes qui soutiennent la table
  • Fond et éclisses : forment la caisse de résonance
  • Rosace : décor autour de la bouche
  • Manche et touche plate : larges de 48 à 54 mm au sillet
  • Frettes : 19 en général
  • Chevalet : les cordes y sont nouées
  • Tête et mécaniques à rouleaux : tendent les cordes

Techniques de jeu

  • Tirando (butée libre)
  • Apoyando (butée)
  • Arpèges p-i-m-a
  • Trémolo p-a-m-i
  • Rasgueado
  • Harmoniques
  • Barré
  • Picado et alzapúa (flamenco)

Usages et styles

  • Musique classique
  • Flamenco
  • Musique ancienne et transcriptions
  • Musique latino-américaine
  • Chanson

Sources

  1. fr.wikipedia.org/wiki/Guitare_classique
  2. en.wikipedia.org/wiki/Classical_guitar
  3. en.wikipedia.org/wiki/Antonio_de_Torres_Jurado
  4. en.wikipedia.org/wiki/Flamenco_guitar
  5. en.wikipedia.org/wiki/Concierto_de_Aranjuez
  6. fender.com/articles/gear/acoustic-vs-electric-guitar
  7. blog.taylorguitars.com/using-a-guitar-humidifier-and-other-guitar-humidity-tips