Aller au contenu

Guitare folk

La guitare folk, à cordes d’acier, se décline en dreadnought, jumbo ou auditorium : histoire, choix d’un premier modèle, cordes, entretien et musiciens.

La guitare folk est une guitare acoustique à six cordes métalliques, plus volumineuse que la guitare classique, dont le son est projeté par sa seule caisse de résonance. On la reconnaît à ses cordes d’acier fixées au chevalet par des chevilles, à son manche qui rejoint généralement le corps à la 14e case et à son barrage interne en X. Les anglophones la nomment steel-string acoustic guitar. Elle accompagne aussi bien les auteurs-compositeurs que le bluegrass, dont la dreadnought est devenue la guitare de référence.

Comment fonctionne une guitare folk ?

La corde pincée transmet sa vibration au chevalet, qui fait vibrer la table, la face avant de la caisse. Cette table est le plus souvent en épicéa de Sitka ; pour de nombreux luthiers et guitaristes, le fait qu’elle soit en bois massif est le facteur le plus déterminant du timbre. Le fond et les éclisses sont traditionnellement en palissandre ou en acajou, l’érable étant recherché pour son veinage.

Les cordes d’acier exercent une tension bien supérieure à celle des cordes en nylon d’une guitare classique, d’où une construction plus robuste. Sous la table, des barres de bois disposées en X rigidifient la structure, là où la guitare classique utilise un barrage en éventail. Le manche contient une tige métallique réglable, le truss rod, qui compense la traction des cordes. Les cordes sont bloquées au chevalet par des chevilles et s’enroulent à la tête autour de mécaniques individuelles à vis sans fin. Les deux plus fines sont en acier plein, les quatre plus graves sont filées : une âme d’acier entourée d’un fil de métal.

Histoire de la guitare folk : les dates clés

  • 1833 : Christian Frederick Martin, luthier né en Saxe, fonde son entreprise à New York, avant de s’installer en Pennsylvanie à la fin de la décennie.
  • Années 1850 : Martin est le premier à employer à grande échelle le barrage en X ; l’historien Philip Gura souligne toutefois que rien ne prouve qu’il l’ait inventé.
  • Fin du XIXe siècle : les cordes d’acier apparaissent aux États-Unis.
  • 1916 : la dreadnought, grande caisse fabriquée par Martin pour l’Oliver Ditson Company, est annoncée dans la presse professionnelle. Son nom renvoie aux grands cuirassés modernes, une classe de navires inaugurée par le HMS Dreadnought en 1906.
  • 1921 : Martin oriente sa production vers les guitares à cordes d’acier.
  • Vers 1929-1931 : l’OM (Orchestra Model) de Martin, premier modèle à caisse 000 avec un manche dégagé jusqu’à la 14e case.
  • 1931 : Martin produit des dreadnoughts sous son propre nom ; les D-1 et D-2 deviennent la même année D-18 et D-28.
  • Années 1930 : la jonction manche-caisse de la dreadnought passe de la 12e à la 14e case ; à la fin de la décennie, ce modèle devient la guitare standard du bluegrass.
  • Années 1960 : Davey Graham et John Fahey contribuent à installer la guitare à cordes d’acier en concert soliste ; des années 1960 aux années 1980, Ovation développe un dos bombé en matériau composite.

Dreadnought, jumbo, auditorium, parlor : quelles tailles de caisse ?

La taille de la caisse conditionne le volume, l’équilibre du son et le confort. La parlor, la plus petite, offre la caisse la plus fine et le volume le plus réduit. La concert (0) et la grand concert (00) restent compactes. L’auditorium (000) est la plus petite caisse considérée comme pleine taille ; elle convient au jeu en accords comme aux arpèges. L’OM reprend cette caisse avec un diapason de 25,5 pouces, et la grand auditorium, popularisée par Taylor, utilise le même diapason.

La dreadnought, à caisse profonde et épaules peu marquées, se distingue par des basses très présentes, ce qui explique son adoption par le bluegrass, où elle doit se faire entendre face au banjo à cinq cordes. La jumbo, plus grande qu’une grand auditorium, donne un son profond mais se joue moins facilement : Gibson l’a conçue pour concurrencer la dreadnought, et la J-200 en est l’exemple le plus connu. Deux variantes complètent la gamme : la douze cordes, où les quatre cordes graves sont doublées à l’octave et les deux aiguës à l’unisson, et l’électro-acoustique, équipée d’un capteur, souvent piézoélectrique sous le sillet de chevalet, relié à un préampli avec égaliseur.

Comment choisir sa guitare folk ?

Le premier critère est le format de caisse, qui conditionne à la fois le volume sonore et le confort de jeu. Vient ensuite la nature des bois : une table massive pèse sur le timbre, alors que le fond et les éclisses en bois stratifié sont courants en milieu de gamme et que le nato se rencontre sur les modèles d’entrée de gamme. La qualité des mécaniques compte aussi, car la tenue de l’accord en dépend directement.

Pour un débutant, la principale difficulté tient aux cordes d’acier : elles se trouvent plus haut au-dessus de la touche et demandent d’appuyer plus fort, ce qui peut faire mal aux doigts jusqu’à la formation de cals. Fender note que les cordes en nylon sont plus douces pour les doigts, ce qui fait de la guitare classique une alternative pour débuter. Une électro-acoustique se justifie si la scène est envisagée.

Côté cordes, le tirant 12-53, dit light, est le jeu le plus vendu de D’Addario pour guitare acoustique ; la marque a introduit les cordes en bronze phosphoreux en 1974. L’accordeur en ligne et le guide Accorder sa guitare aident à installer de bons réflexes dès les premières séances.

Entretien : humidité, cordes et réglages

Le bois d’une guitare folk réagit à l’humidité ambiante. Taylor Guitars situe la plage idéale entre 45 et 55 % d’humidité relative, 40 à 60 % restant acceptables. Un instrument trop sec se signale par une action qui baisse et frise, des frettes qui dépassent sur les bords du manche, voire des fissures. La marque conseille de ranger la guitare dans son étui, avec un hygromètre et, si besoin, un humidificateur qui traite aussi le manche.

Les réglages reprennent les principes décrits pour la guitare électrique : courbure du manche par le truss rod, hauteur des cordes et justesse sur toute la touche. Comme une action qui baisse et frise peut venir d’un bois trop sec, mieux vaut vérifier l’hygrométrie avant de toucher au truss rod.

Musiciens et morceaux de référence

Dans la lignée de John Fahey, Robbie Basho a intégré des éléments de musique classique indienne, et Leo Kottke a signé le premier succès discographique de guitare acoustique soliste. Davey Graham a popularisé l’accordage DADGAD, que Jimmy Page reprend sur « Black Mountain Side » et « Kashmir » de Led Zeppelin. La douze cordes doit une part de sa notoriété à Lead Belly et Pete Seeger, tandis que Clarence White, Doc Watson, Tony Rice ou Bryan Sutton font référence en flatpicking.

La dreadnought est aussi associée à Joni Mitchell, Paul Simon, Van Morrison ou Crosby, Stills, Nash and Young ; Gene Autry a commandé la première D-45. Eric Clapton dispose d’un modèle signature Martin de format 000. Plus près de nous, Ed Sheeran joue depuis l’adolescence une Martin LX1E, dont la marque a tiré une édition signature en 2013.

Questions fréquentes

Quelle différence entre guitare folk et guitare classique ?

La guitare folk utilise des cordes d’acier sous forte tension, un barrage en X et un manche généralement dégagé jusqu’à la 14e case. La guitare classique a des cordes en nylon, un barrage en éventail, une touche plate et un manche plus large qui rejoint la caisse à la 12e case.

Quelle taille de guitare folk choisir pour débuter ?

Tout dépend de la morphologie et du jeu visé. Une auditorium ou une OM reste polyvalente et compacte ; une dreadnought offre plus de basses et de volume, au prix d’une caisse plus encombrante.

Quel tirant de cordes mettre sur une guitare folk ?

Le tirant light 12-53 est le jeu le plus vendu chez D’Addario pour guitare acoustique. Changer de tirant modifie la tension exercée sur le manche, ce qui peut imposer de revoir les réglages.

Qu’est-ce qu’une guitare électro-acoustique ?

C’est une guitare folk équipée d’un capteur, souvent piézoélectrique sous le sillet de chevalet, et d’un préampli. Elle se branche sur un ampli comme une électrique, tout en conservant son son acoustique sans branchement.

Variantes

  • Dreadnought : grande caisse profonde aux basses marquées
  • Jumbo : caisse plus large et arrondie (Gibson J-200)
  • Auditorium et OM : format 000, polyvalent
  • Concert, grand concert et parlor : caisses compactes
  • Douze cordes : graves doublés à l’octave, aigus à l’unisson
  • Électro-acoustique : capteur et préampli intégrés

Composants

  • Table : face avant en épicéa ou en cèdre, principale source du son
  • Barrage en X : barres internes qui rigidifient la table
  • Fond et éclisses : palissandre, acajou, érable ou bois stratifié
  • Rosace : décor entourant la bouche de la caisse
  • Manche et truss rod : tige réglable qui compense la tension des cordes
  • Chevalet et chevilles : ancrage des cordes sur la table
  • Sillet de chevalet : transmet la vibration et fixe la hauteur des cordes
  • Mécaniques : une par corde, à vis sans fin

Techniques de jeu

  • Accompagnement en accords au médiator
  • Fingerpicking (arpèges aux doigts)
  • Flatpicking (mélodies au médiator)
  • Accordages ouverts et DADGAD
  • Capodastre
  • Jeu percussif sur la caisse

Usages et styles

  • Folk
  • Country
  • Pop
  • Rock
  • Blues
  • Chanson française

Sources

  1. fr.wikipedia.org/wiki/Guitare_folk
  2. en.wikipedia.org/wiki/Steel-string_acoustic_guitar
  3. en.wikipedia.org/wiki/C._F._Martin_&_Company
  4. en.wikipedia.org/wiki/Dreadnought_(guitar_type)
  5. en.wikipedia.org/wiki/DADGAD
  6. fender.com/articles/gear/acoustic-vs-electric-guitar
  7. daddario.com/products/guitar/acoustic-guitar/phosphor-bronze/ej16-phosphor-bronze-acoustic-guitar-strings-light-12-53/
  8. blog.taylorguitars.com/using-a-guitar-humidifier-and-other-guitar-humidity-tips
  9. premierguitar.com/martin-guitars-unveils-ed-sheeran-signature-lx1e-guitar