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Clarinette

Clarinette : fonctionnement de l’anche simple et des registres, histoire depuis Denner, clarinettes en si bémol, en la ou en mi bémol, choix et entretien.

La clarinette est un instrument à vent de la famille des bois, à anche simple et à perce quasi cylindrique, le plus souvent fabriquée en grenadille, un bois dur d’origine africaine. Née à Nuremberg vers 1700, elle offre une tessiture étendue et un timbre qui passe d’un grave chaud et résonnant à un aigu clair. Elle tient une place centrale à l’orchestre, dans la musique de chambre, le jazz des origines et le klezmer.

Comment fonctionne une clarinette ?

Une ligature maintient une anche en roseau contre le bec. Quand le musicien souffle, l’anche vibre, vient se refermer contre le bec puis se rouvre en libérant à chaque cycle une brève bouffée d’air ; l’onde de pression ainsi créée parcourt le tube et s’y réfléchit en partie, ce qui entretient la vibration. Sur une clarinette soprano moderne, sept trous bouchés directement par les doigts et un mécanisme de 17 clés déterminent la longueur de tube qui sonne.

Sa particularité tient à la perce cylindrique. Lorsque l’on passe au registre supérieur, la clarinette ne monte pas d’une octave mais d’une douzième : on dit qu’elle quintoie. La clé de douzième, ou clé de registre, fait passer du registre grave, appelé chalumeau, au registre aigu dit clairon, au-dessus duquel s’étend le suraigu. C’est la grande différence avec le saxophone, à perce conique, qui octavie. La perce cylindrique renforce surtout les harmoniques impaires, d’où le timbre caractéristique de l’instrument.

L’accord se règle en tirant plus ou moins le baril, la pièce située entre le bec et le corps du haut, ou en changeant de baril. Un accordeur permet de vérifier la justesse par rapport au diapason, compris entre 440 et 442 Hz pour les clarinettes modernes.

Histoire de la clarinette : les dates clés

  • Vers 1690-1700 : à Nuremberg, Johann Christoph Denner transforme le chalumeau, instrument à anche simple d’environ une octave et demie d’étendue, en lui ajoutant un pavillon et deux clés, dont une clé de registre.
  • 1791 : Mozart écrit son Concerto pour clarinette en la majeur, inspiré par son ami Anton Stadler, pour qui il compose aussi le Quintette avec clarinette. La clarinette de son époque compte généralement cinq clés.
  • Début du XIXe siècle : Iwan Müller met au point une clarinette à treize clés qui donne accès à toute la gamme chromatique ; on lui attribue aussi la ligature métallique.
  • 1839-1843 : Hyacinthe Klosé et le facteur Louis Auguste Buffet adaptent à la clarinette le principe des anneaux mobiles de Theobald Boehm, conçu pour la flûte traversière. Le système Boehm est aujourd’hui le plus utilisé au monde.
  • Début du XXe siècle : Oskar Oehler présente le système qui porte son nom, utilisé surtout en Allemagne et en Autriche.
  • Années 1910 : la clarinette devient une voix centrale du jazz naissant, aux côtés de la trompette et du trombone dans le style Nouvelle-Orléans.
  • 1924 : le glissando de clarinette qui ouvre la Rhapsody in Blue de Gershwin devient l’un des passages de clarinette les plus reconnaissables.
  • Fin des années 1930 : Benny Goodman et Artie Shaw s’imposent comme les grands clarinettistes de l’ère du swing.
  • Années 1940 : la clarinette recule dans le jazz, en partie remplacée par le saxophone.
  • 1994 : Buffet Crampon lance sa gamme Green Line, dont le corps associe 95 % de poudre d’ébène et 5 % de fibre de carbone.

Clarinette en si bémol, en la, en mi bémol : quelle différence ?

La clarinette soprano en si bémol est la plus courante. Comme toutes les clarinettes sauf celle en ut, c’est un instrument transpositeur : un do écrit sonne un si bémol, un ton plus bas. À l’orchestre, la clarinette en si bémol et la clarinette en la forment la paire standard, et le musicien passe de l’une à l’autre selon les œuvres.

La famille s’étend dans les deux directions. Dans l’aigu, on trouve la petite clarinette en mi bémol. Dans le grave, le cor de basset est généralement en fa, et la clarinette basse, en si bémol, possède des clés qui descendent au moins jusqu’au mi bémol grave, souvent jusqu’au do sur les modèles récents. Viennent ensuite les clarinettes alto, contralto et contrebasse, aux tubes repliés, avec bocal et pavillon métalliques ; la plus grave descend plus bas qu’une contrebasse à cordes.

Deux systèmes de clétage coexistent. Le système Boehm, plus facile à manier et au son plus brillant selon Yamaha, domine largement. Le système Oehler, au doigté plus complexe et au timbre plus sombre, reste surtout joué en Allemagne et en Autriche. Certains musiciens de jazz, de klezmer ou de musiques populaires d’Europe de l’Est utilisent encore le système Albert.

Comment choisir sa clarinette pour débuter ?

La clarinette soprano en si bémol, la plus courante, équipée du système Boehm, le plus répandu, constitue le point de départ logique. La vraie question porte sur le matériau. La grenadille, bois dur et stable, reste le matériau habituel du corps et varie peu avec la température et l’humidité. La résine ABS est extrêmement solide et peu sensible à l’humidité ; elle échappe surtout aux risques de fente qui concernent le bois lors des brusques changements de température.

Côté anches, la force est généralement indiquée sur une échelle de 1 (souple) à 5 (dure), mais cette échelle n’est pas normalisée : la même valeur ne correspond pas forcément à la même dureté d’une marque à l’autre. Les anches en roseau, taillées dans la canne de Provence (Arundo donax), côtoient des modèles synthétiques. Les becs sont le plus souvent en ébonite, parfois en plastique ou en verre.

Le travail des gammes sur toute l’étendue de l’instrument fait partie des exercices de base ; notre guide sur la gamme majeure et la gamme mineure en rappelle la construction.

Entretien de la clarinette

Une clarinette en bois demande quelques précautions. En hiver, Yamaha conseille de laisser l’instrument se mettre à température ambiante avant de jouer, car un changement brutal de température peut gripper les clés ou fendre le corps. Un instrument neuf se rode : pendant les deux premières semaines, mieux vaut ne pas dépasser 20 à 30 minutes de jeu d’affilée.

Avant de jouer, un peu de graisse à liège protège les emboîtements de l’humidité. Après le jeu, et si possible pendant les pauses, on passe un écouvillon dans le corps pour retirer l’humidité, puis on essuie soigneusement les extrémités de chaque élément. Ces règles concernent surtout les modèles en bois ; les clarinettes en résine sont beaucoup moins exposées.

Les clarinettistes de référence

Le répertoire classique doit beaucoup à des interprètes qui ont inspiré les compositeurs : Anton Stadler pour Mozart, Heinrich Bärmann pour Weber, qui lui destine un concertino et deux concertos, Richard Mühlfeld pour Brahms, auteur de deux sonates, d’un trio et d’un quintette avec clarinette. Dans le jazz, Sidney Bechet, Benny Goodman et Artie Shaw ont marqué les premières décennies, et Aaron Copland a écrit un concerto pour Goodman. Eric Dolphy, Jimmy Giuffre, Eddie Daniels ou Don Byron ont ensuite prolongé l’histoire de l’instrument dans le jazz moderne. Dans le klezmer, où la clarinette a supplanté le violon au début du XXe siècle, Naftule Brandwein et Dave Tarras font figure de références.

Questions fréquentes

Quelle clarinette choisir pour débuter ?

Une clarinette en si bémol à système Boehm, la configuration la plus répandue. La grenadille reste le matériau habituel, tandis que la résine ABS, très solide et peu sensible à l’humidité, n’est pas exposée aux fentes du bois.

Pourquoi dit-on que la clarinette quintoie ?

Parce que sa perce cylindrique la fait monter d’une douzième, soit une octave et une quinte, quand on actionne la clé de registre. Le saxophone, à perce conique, monte lui d’une octave.

Quelle différence entre la clarinette en si bémol et la clarinette en la ?

Les deux sont transpositrices : pour un do écrit, la première fait entendre un si bémol, la seconde un la. À l’orchestre, elles forment une paire et le clarinettiste passe de l’une à l’autre selon les œuvres.

Comment éviter qu’une clarinette en bois se fende ?

En évitant les changements brusques de température, en laissant l’instrument se réchauffer avant de jouer et en retirant l’humidité intérieure avec un écouvillon après chaque séance. Un instrument neuf doit aussi être joué par séances courtes les premières semaines.

Variantes

  • Clarinette en si bémol : la plus courante, transpositrice
  • Clarinette en la : forme avec la si bémol la paire de l’orchestre
  • Clarinette en ut : non transpositrice
  • Petite clarinette en mi bémol : plus aiguë
  • Cor de basset : généralement en fa
  • Clarinette basse : en si bémol, grave jusqu’au do sur les modèles récents
  • Clarinettes alto, contralto et contrebasse : grandes clarinettes à bocal et pavillon métalliques

Composants

  • Bec : le plus souvent en ébonite, reçoit l’anche
  • Anche : lamelle de roseau ou synthétique qui vibre contre le bec
  • Ligature : fixe l’anche sur le bec
  • Baril : relie le bec au corps et sert à l’accord
  • Corps du haut : main gauche, avec la clé de douzième
  • Corps du bas : main droite
  • Pavillon : extrémité évasée de l’instrument
  • Clés : 17 sur une soprano moderne, en maillechort plaqué

Techniques de jeu

  • Passage de registre par la clé de douzième
  • Jeu dans le suraigu (altissimo)
  • Glissando
  • Vibrato
  • Détaché et liaisons

Usages et styles

  • Musique classique : orchestre et musique de chambre
  • Orchestres d’harmonie
  • Jazz Nouvelle-Orléans et swing
  • Klezmer
  • Choro brésilien
  • Musique de mariage bulgare

Démonstration

Sources

  1. fr.wikipedia.org/wiki/Clarinette
  2. en.wikipedia.org/wiki/Clarinet
  3. philharmonia.co.uk/resources/instruments/clarinet/
  4. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/clarinet/selection/
  5. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/clarinet/maintenance/