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Mandoline

Mandoline : fonctionnement, accord en quintes, histoire de Vivaldi au bluegrass, modèles napolitain, plat, style A ou F, conseils de choix et réglages.

La mandoline est un petit instrument à cordes pincées de la famille du luth, originaire d’Italie, que l’on joue au médiator. Sa forme moderne compte quatre paires de cordes métalliques, soit huit cordes, accordées en quintes comme le violon : sol, ré, la, mi. Présente dans la musique savante dès l’époque baroque, elle est aussi au cœur du bluegrass américain, du choro brésilien et de plusieurs traditions populaires.

Comment fonctionne une mandoline

Chaque note est jouée sur un chœur, c’est-à-dire deux cordes accordées à l’unisson que le médiator attaque ensemble. Ce doublement donne du volume et du brillant, mais le son s’éteint plus vite que celui d’une guitare. D’où le trémolo, très utilisé depuis la fin du XIXe siècle : le médiator alterne très vite sur les deux cordes du chœur pour tenir une note ou un accord.

Les cordes reposent sur un chevalet mobile, posé sur la table. Le diapason est court : environ 330 mm sur les mandolines européennes à dos bombé, environ 350 mm sur les modèles américains inspirés de Gibson. Du grave à l’aigu, les chœurs donnent sol, ré, la et mi, exactement comme les cordes d’un violon ; le deuxième chœur sonne le la de référence à 440 Hz.

Histoire de la mandoline : les dates clés

La mandoline descend de petits luths italiens comme la mandore ; son nom italien, mandolino, signifie « petite mandole ». Deux grands types régionaux ont coexisté : la mandoline milanaise, ou lombarde, à six chœurs de cordes en boyau, et la napolitaine, à quatre chœurs métalliques accordés en quintes, la configuration de la mandoline standard actuelle. Le baroque lui doit notamment deux concertos de Vivaldi : RV 425 en ut majeur et RV 532 pour deux mandolines, en sol majeur.

  • 1685 : première source écrite connue citant le mot « mandolino », chez Francesco Redi.
  • 1707 : Bononcini l’emploie dans un opéra, premier exemple connu.
  • Milieu du XVIIIe siècle : apparition de la mandoline napolitaine ; entre 1765 et 1772 paraissent les premières méthodes, signées Leone, Denis, Fouchetti et Corrette.
  • 1787 : dans Don Giovanni, Mozart confie à la mandoline l’accompagnement de la sérénade « Deh vieni alla finestra ».
  • 1796 : Beethoven écrit quatre petites pièces pour mandoline (WoO 43a, 43b, 44a et 44b).
  • 1878-années 1920 : après le succès de l’Estudiantina espagnole à Paris en 1878, la mandoline vit un âge d’or de 1880 aux années 1920. Des virtuoses itinérants comme Raffaele Calace ou Silvio Ranieri en font une mode qui retombe dans les années 1930.
  • 1898-1902 : à Kalamazoo, dans le Michigan, Orville Gibson met au point la mandoline à table sculptée, puis fonde en 1902 la Gibson Mandolin-Guitar Manufacturing Co.
  • 1923 : date des premières Gibson F-5 signées par Lloyd Loar, acousticien de la marque de 1919 à 1924. De nombreux luthiers actuels en reproduisent le modèle.
  • Début des années 1930 : apparition de la mandoline électrique.
  • 1939 : Bill Monroe obtient sa place régulière au Grand Ole Opry avec ses Blue Grass Boys, la formation qui donnera son nom au bluegrass.

Mandoline napolitaine, plate ou sculptée : quelles différences ?

La mandoline napolitaine a un dos bombé, fait de lames de bois cintrées, une table légèrement pliée et un chevalet mobile en bois dur. La mandoline à dos plat, construite comme une guitare avec des barres de renfort, s’est développée en Europe dans les années 1850 ; on la retrouve dans les musiques traditionnelles irlandaises, britanniques et brésiliennes, où le bandolim est joué dans le choro. La mandoline à table sculptée, popularisée par Gibson, a une table et un fond voûtés : c’est l’instrument du bluegrass, de l’old-time et du folk américain.

Chez les modèles américains, deux silhouettes coexistent. Le style A a un corps symétrique en forme de goutte ; le style F ajoute une volute décorative et des pointes, plus longues à façonner, ce qui le rend plus cher à qualité égale. L’ouïe pèse davantage sur le son : une ouïe ovale donne un timbre chaud et soutenu, apprécié en old-time et en musique celtique, tandis que les ouïes en f, plus brillantes et presque toujours plus puissantes, sont privilégiées en bluegrass.

La famille compte aussi des tessitures plus graves : la mandole, accordée une quinte plus bas (do-sol-ré-la), la mandoline octave, accordée une octave sous la mandoline, le mandoloncelle, accordé comme un violoncelle, et la mandobasse. La banjoline, caisse de banjo montée sur un manche de mandoline, compte aussi parmi ses variantes. Avec la mandoline, ils forment le quatuor de mandolines ; les orchestres de mandolines restent populaires, notamment au Japon et en Allemagne.

Comment choisir et débuter à la mandoline

Le répertoire oriente le choix : table sculptée et ouïes en f pour le bluegrass, ouïe ovale pour l’old-time ou la musique irlandaise. Une table en bois massif est en général préférée au stratifié. Pour jouer chez soi ou en session acoustique, un micro n’est pas nécessaire ; il le devient en salle, et sa pose sous le chevalet demande souvent un professionnel.

La largeur du manche au sillet est le plus souvent de 1 1/8 pouce, soit environ 28,6 mm ; les guitaristes ou les grandes mains peuvent préférer les modèles à 1 3/16 pouce, environ 30,2 mm. Les violonistes, eux, retrouvent leurs repères grâce à l’accord identique. Côté apprentissage, notre guide gamme majeure et gamme mineure fournit une base pour travailler les gammes, et le trémolo se travaille d’abord lentement, au métronome.

Entretien et réglages de la mandoline

Le chevalet n’étant pas collé, sa position règle la justesse. Avec un accordeur, on compare la corde à vide et la même corde jouée à la 12e frette : si la note frettée est trop basse, on avance le chevalet vers le manche ; si elle est trop haute, on le recule vers le cordier. Un ou deux millimètres changent nettement la justesse, d’où l’intérêt de réaccorder après chaque déplacement, chevalet bien droit.

La plupart des chevalets réglables possèdent deux molettes qui fixent la hauteur des cordes : on les tourne de façon égale, par petites touches. La tige de réglage du manche agit sur sa courbure et non directement sur la hauteur des cordes ; en cas de résistance inhabituelle, mieux vaut confier l’opération à un luthier. Des cordes usées ou pliées faussent tous ces réglages : on les remplace avant de chercher plus loin.

Mandolinistes et œuvres de référence

Bill Monroe (1911-1996), père du bluegrass, a fait de la mandoline un instrument soliste virtuose. Sa Gibson F-5 signée par Lloyd Loar le 9 juillet 1923, qu’il a jouée pendant l’essentiel de sa carrière, est conservée au Country Music Hall of Fame. « Blue Moon of Kentucky », son titre le plus connu, a été repris en 1954 par Elvis Presley en face B de son premier single chez Sun Records.

Ricky Skaggs et Chris Thile s’illustrent en bluegrass, David Grisman en jazz. Né en 1981, Chris Thile, membre de Nickel Creek puis des Punch Brothers et lauréat d’une bourse MacArthur en 2012, a aussi enregistré en 2013 des sonates et partitas de Bach pour violon seul. Avi Avital et Carlo Aonzo défendent le répertoire classique, tandis qu’U. Srinivas s’est illustré dans la musique carnatique.

L’orchestre symphonique l’a adoptée avec Verdi (Otello, 1887), puis Mahler dans ses symphonies nos 7 et 8 et Das Lied von der Erde. Le rock lui doit aussi quelques pages : Peter Buck, de R.E.M., a écrit le riff de « Losing My Religion » (1991) sur une mandoline qu’il venait d’acheter, titre classé 4e au Billboard Hot 100, et John Paul Jones, de Led Zeppelin, a joué d’une mandoline à trois manches.

Questions fréquentes

Combien de cordes a une mandoline ?

La mandoline standard en compte huit, réparties en quatre paires accordées à l’unisson. Chaque paire se joue comme une seule corde. L’ancienne mandoline milanaise en comptait douze, en six chœurs.

La mandoline s’accorde-t-elle comme le violon ?

Oui : sol, ré, la, mi, du grave à l’aigu. Les doigtés de la main gauche se transposent donc d’un instrument à l’autre, la mandoline ayant en plus des frettes.

Quelle différence entre mandoline style A et style F ?

Le style A a un corps symétrique en goutte, le style F une volute et des pointes décoratives. L’écart est surtout esthétique et se répercute sur le prix ; le type d’ouïe et la qualité des bois comptent davantage pour le son.

À quoi sert le trémolo à la mandoline ?

Les notes de la mandoline s’éteignent vite. En alternant rapidement le médiator sur les deux cordes d’un chœur, le trémolo prolonge une note ou un accord et donne l’effet de son tenu typique de l’instrument.

Variantes

  • Mandoline napolitaine : dos bombé en lames de bois, chevalet mobile
  • Mandoline à dos plat : construction proche de la guitare, musiques irlandaise et brésilienne
  • Mandoline à table sculptée : table et fond voûtés, modèle Gibson du bluegrass
  • Style A : corps symétrique en forme de goutte
  • Style F : volute et pointes décoratives
  • Mandoline milanaise : ancien modèle à six chœurs en boyau
  • Bandolim : mandoline brésilienne du choro

Composants

  • Table d’harmonie : pliée, plate ou sculptée selon le type
  • Ouïe : ovale ou en f, elle influence le timbre
  • Chevalet mobile : fixe la longueur vibrante et la justesse
  • Molettes du chevalet : règlent la hauteur des cordes
  • Chœurs : quatre paires de cordes accordées à l’unisson
  • Manche fretté : diapason d’environ 330 à 350 mm
  • Tige de réglage : ajuste la courbure du manche

Techniques de jeu

  • Jeu au médiator
  • Trémolo
  • Picking alterné
  • Staccato

Usages et styles

  • Bluegrass
  • Old-time et folk américain
  • Musique baroque et classique
  • Orchestres de mandolines
  • Musique traditionnelle irlandaise
  • Choro brésilien
  • Musique carnatique
  • Rock

Sources

  1. fr.wikipedia.org/wiki/Mandoline
  2. en.wikipedia.org/wiki/Mandolin
  3. en.wikipedia.org/wiki/Lloyd_Loar
  4. en.wikipedia.org/wiki/Bill_Monroe
  5. en.wikipedia.org/wiki/Chris_Thile
  6. en.wikipedia.org/wiki/Losing_My_Religion
  7. elderly.com/blogs/all-strings-considered/6-questions-to-ask-before-buying-a-mandolin
  8. blog.artistworks.com/?p=8160