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Djembé

Djembé : tambour mandingue en forme de calice, ses trois sons, son histoire des forgerons aux ballets nationaux, choix du bois et de la peau, accordage.

Le djembé est un tambour d’Afrique de l’Ouest au fût de bois en forme de calice, couvert d’une peau tendue par des cordes et joué à mains nues. Associé aux peuples mandingues, au Mali, en Guinée et dans les pays voisins, il s’est diffusé dans le monde entier à partir des années 1950. Selon les Bambara du Mali, son nom se rattache à une expression qui invite chacun à se rassembler dans la paix.

Comment fonctionne un djembé ?

Le djembé est un membranophone : une seule peau, frappée directement, tendue sur un fût ouvert à sa base. Le fût est taillé dans une seule pièce de bois, avec une coupe large en haut et un pied étroit et évasé. La peau, le plus souvent de chèvre, est pincée entre des cercles métalliques et tendue par un réseau de cordes verticales.

Pour sa taille, c’est un tambour particulièrement puissant : un joueur expérimenté peut dépasser 105 dB sur un djembé accordé haut pour le solo. Le jeu repose sur trois sons, obtenus en changeant l’endroit et la manière de frapper :

  • la basse, frappée main à plat au centre de la peau, très grave (environ 65 à 80 Hz) ;
  • la tonique, frappée au bord avec les doigts serrés, un son rond et médium (environ 300 à 420 Hz) ;
  • le claqué, le plus aigu (environ 700 à 1 000 Hz), qui se joue selon une manière « malienne » ou « guinéenne ».

Histoire du djembé : les dates clés

Le djembé est traditionnellement lié aux forgerons mandingues, les numu, dont les migrations au cours du Ier millénaire pourraient expliquer sa diffusion en Afrique de l’Ouest. Son aire d’origine correspond à celle de l’empire du Mali, fondé au XIIIe siècle, sans que l’on sache si l’instrument lui est antérieur. Jusqu’aux années 1950, il reste surtout connu dans sa région.

  • 1952 : Fodéba Keïta fonde les Ballets africains, qui font découvrir le djembé hors d’Afrique de l’Ouest.
  • 1958 : après l’indépendance de la Guinée, la troupe devient le premier ballet national du pays ; le Ballet Djoliba suit en 1964.
  • Années 1960 : Ladji Camara, ancien membre des Ballets africains, commence à enseigner le djembé aux États-Unis.
  • Début des années 1970 : la corde synthétique et les anneaux d’acier remplacent progressivement les chevilles et les lanières de cuir ; en 1991, ce montage moderne s’est généralisé.
  • Années 1980 : des percussionnistes issus des ballets nationaux s’installent en Europe, aux États-Unis et au Japon et y ouvrent des écoles.
  • 1991 : le documentaire Djembefola de Laurent Chevallier suit le retour de Mamady Keïta dans son village natal.

Le djembé dans son ensemble : les dununs

Dans la tradition, le djembé joue au sein d’un ensemble. Au Mali, la formation type associe un djembé et un dundun, le konkoni. En Guinée, trois djembés dialoguent avec trois dununs, les tambours basses de l’ensemble : le kenkeni, le sangban et le dundunba. Des djembés d’accompagnement superposent leurs motifs pendant que le djembé soliste improvise. Le répertoire mandingue repose sur cette polyrythmie, que les joueurs apprennent partie par partie.

Comment choisir son djembé ?

Le bois compte en premier. Le lenke (Afzelia africana) est le plus recherché ; le djalla, le dugura, le gueni ou l’iroko font aussi partie des essences traditionnelles. Les djembés restent majoritairement fabriqués à la main au Mali, en Guinée, au Burkina Faso et au Sénégal ; depuis les années 1990, d’autres sont produits au Ghana, au Nigeria, en Afrique du Sud ou en Indonésie, souvent avec des bois de substitution.

La peau change aussi le caractère : une peau fine sonne plus fort, une peau épaisse comme celle de vache donne un son plus chaud et des claqués plus riches en harmoniques. Les djembés de fabrication industrielle utilisent souvent des peaux synthétiques, moins sensibles à l’humidité. Pour la taille, un djembé traditionnel mesure environ 58 à 63 cm de haut pour 30 à 38 cm de diamètre de peau, et pèse de 5 à 13 kg, un écart à prendre en compte si l’on transporte souvent l’instrument.

Débuter au djembé

Le premier travail consiste à distinguer nettement basse, tonique et claqué, en alternant les mains, puis à enchaîner une partie d’accompagnement sans changer de vitesse. Jouer ces parties avec un métronome permet de stabiliser le tempo avant de rejoindre un ensemble, où chaque djembé doit tenir sa place dans la polyrythmie. Notre guide pour comprendre le tempo et les BPM donne les repères de base.

Accordage et entretien du djembé

Le djembé s’accorde par ses cordes verticales. Pour monter la tension, on crée des torsions dans ces verticales, selon un tressage appelé « tresse malienne » : chaque torsion raccourcit la corde et augmente la tension de la peau. Il faut répartir les torsions régulièrement tout autour du fût pour garder un son homogène. Un djembé destiné au solo est accordé haut, et une variante de montage de la peau à trois cercles est apparue au début des années 2000.

La peau naturelle, qui peut être rasée avant ou après le montage, est plus sensible aux variations de météo qu’une peau synthétique : mieux vaut ranger l’instrument à l’abri de l’humidité et des écarts de température, et vérifier la tension avant de jouer.

Musiciens de référence

Mamady Keïta, issu des ballets guinéens, s’installe à Bruxelles en 1988 et y enseigne au sein de l’école qu’il a fondée, Tam Tam Mandingue ; il meurt en 2021. Famoudou Konaté, Adama Dramé, Amadou Kiénou, François Dembélé, Epizo Bangoura, Soungalo Coulibaly ou Drissa Koné figurent parmi les grands maîtres de l’instrument. Hors de la tradition mandingue, Noel « Toca » Rivera l’a emmené en tournée pop-rock aux côtés de Jason Mraz en 2002, et la chanteuse Christina Goh en a fait son instrument rythmique principal à partir de 2010. Le djembé appartient à la famille des batteries et percussions, aux côtés du cajón.

Questions fréquentes

Quels sont les trois sons du djembé ?

La basse, frappée main à plat au centre ; la tonique, frappée au bord doigts serrés ; le claqué, le son le plus aigu, joué au bord de la peau. Leur netteté est la base de tout le répertoire.

Peau naturelle ou peau synthétique ?

La peau de chèvre est la plus courante sur les djembés traditionnels ; la vache, plus épaisse, donne un son plus chaud. La peau synthétique, fréquente sur les modèles industriels, varie moins avec la météo.

Comment retendre un djembé ?

On crée des torsions dans les cordes verticales, selon la « tresse malienne », pour les raccourcir et tendre la peau. La tension doit être répartie régulièrement tout autour du fût.

Quelle taille de djembé choisir ?

Un djembé traditionnel mesure autour de 60 cm de haut pour 30 à 38 cm de diamètre de peau, pour un poids de 5 à 13 kg. Le poids est un critère à ne pas négliger si l’on se déplace souvent avec l’instrument.

Variantes

  • Djembé traditionnel : fût monobloc en bois dur, peau de chèvre, cordes
  • Djembé à trois cercles : montage apparu au début des années 2000
  • Djembé à peau synthétique : fabrication industrielle, moins sensible à la météo

Composants

  • Fût : pièce de bois creusée en forme de calice
  • Peau : le plus souvent de chèvre, parfois de vache ou d’antilope
  • Cercles : anneaux métalliques qui pincent et tendent la peau
  • Cordes verticales : assurent la tension et l’accordage
  • Tresse : torsions qui raccourcissent les verticales

Techniques de jeu

  • Basse au centre de la peau
  • Tonique au bord, doigts serrés
  • Claqué malien ou guinéen
  • Rythmes d’accompagnement entrecroisés
  • Improvisation du soliste
  • Jeu en ensemble avec les dununs

Usages et styles

  • Musique mandingue
  • Afro
  • Percussions de ballet
  • Musiques du monde
  • Pop

Sources

  1. fr.wikipedia.org/wiki/Djembé
  2. en.wikipedia.org/wiki/Djembe
  3. rtbf.be/article/le-musicien-mamady-keita-est-decede-a-bruxelles-10789121
  4. en.wikipedia.org/wiki/Drumhead