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Congas et bongos

Congas et bongos : tailles, frappes de base, histoire afro-cubaine du son à la salsa, tumbao et martillo, accordage et grands percussionnistes.

Les congas et bongos sont des tambours afro-cubains à une peau, joués à mains nues. Les congas, appelées tumbadoras à Cuba, sont de hauts fûts d’environ 75 cm, joués seuls ou par deux à quatre ; les bongos forment une paire de petits tambours ouverts en dessous et reliés par un pont en bois, le macho (environ 20 cm de diamètre) et la hembra (environ 25 cm), que le musicien tient entre ses genoux. Ensemble, ils portent le rythme du son cubain, de la salsa et du jazz latin.

Comment fonctionnent les congas et les bongos ?

Une conga moderne est un fût en douelles de bois, comme un tonneau étroit, ou en fibre de verre, fermé par une peau tendue par des vis et des tirants métalliques. La hauteur du son dépend du diamètre et de la tension. Le conguero dispose de plusieurs frappes : le son ouvert, joué près du bord avec quatre doigts, clair et plus aigu ; le son étouffé, doigts maintenus sur la peau ; la basse, paume légèrement creusée frappée vers le centre ; et le slap, le coup le plus difficile, qui claque sèchement. Le « talon-pointe » (manoteo) fait basculer la main du talon aux doigts sur la peau, un effet de roulement joué au toucher.

Les bongos, d’environ 20 cm de haut, ont généralement un fût en bois ou en fibre de verre et des peaux de veau réglées par des tirants. Ils sonnent nettement plus aigu que les congas. Un droitier les cale derrière les genoux, le plus grand tambour, la hembra, à droite ; dans le changüí, le bongó de monte se place dans l’autre sens.

Les tailles de congas : quinto, conga et tumba

Les congas se distinguent par leur diamètre, donc par leur registre :

  • Requinto : moins de 25 cm, le plus aigu, rare ;
  • Quinto : environ 28 cm, la voix soliste dans la rumba ;
  • Conga ou tres dos : de 29 à 30 cm, le tambour médian ;
  • Tumba ou salidor : de 30 à 32 cm, le plus grave des tailles courantes ;
  • Supertumba : jusqu’à 36 cm, pour les registres les plus graves.

Avec deux tambours, il est courant de les accorder à une quarte d’écart. Certains congueros préfèrent les intervalles d’un accord majeur, d’autres une seconde majeure entre quinto et conga puis une quarte descendante jusqu’à la tumba.

Histoire des congas et des bongos : les dates clés

  • Fin du XIXe siècle : le bongo apparaît dans l’est de Cuba (province d’Oriente), dans le nengón, le changüí et le son cubain. La conga naît à la même époque ou au début du XXe siècle chez les Afro-Cubains, héritière des tambours yuka et makuta d’origine bantoue et des tambours bembé yoruba.
  • 1927 : le Sexteto Nacional enregistre à New York « Viva el bongó », premiers enregistrements américains connus avec bongos.
  • Années 1930 : le mot « conga » se popularise avec la vague latine aux États-Unis ; à la fin de la décennie, l’instrument entre dans les orchestres.
  • Années 1940 : la conga devient un pilier des orchestres de mambo, et les premiers bongos à tirants mécaniques apparaissent.
  • 1947 : Chano Pozo rejoint le big band de Dizzy Gillespie ; leur concert du 29 septembre au Carnegie Hall est une étape majeure du jazz latin. Pozo coécrit avec Gillespie « Manteca » et « Tin Tin Deo ».
  • Début des années 1950 : Carlos « Patato » Valdés à Cuba et Cándido Camero aux États-Unis sont les pionniers du système de tension à vis ; les congueros jouent désormais deux à quatre congas.
  • 1964 : Martin Cohen fonde à New York la marque Latin Percussion.

Avant les tirants, on accordait ces tambours avec des cordes et des nœuds, ou en chauffant à la flamme des peaux clouées, une méthode encore utilisée pour les bongos du changüí traditionnel.

Les rythmes de base : tumbao et martillo

Le motif fondamental des congas dans le son montuno et la salsa s’appelle marcha ou tumbao. Il place ses sons ouverts sur les dernières subdivisions d’un cycle de deux temps ; l’accent sur le « et » du deuxième temps s’appelle le ponche, et des slaps complètent le motif. Aux bongos, le martillo (le « marteau ») est un ostinato régulier de huit frappes par cycle, qui tient la pulsation. En créant la formule du conjunto, Arsenio Rodríguez a demandé à son bongocero de jouer aussi de la cloche (campana), et il a ajouté les congas à son orchestre.

Comment choisir et débuter aux congas ou aux bongos ?

Congas et bongos existent en bois ou en fibre de verre, avec des tirants métalliques pour l’accordage ; les bongos portent généralement des peaux de veau. Pour les congas, la question est d’abord celle du nombre : une seule suffit dans la rumba traditionnelle, où chaque musicien joue un tambour, alors que les orchestres font jouer deux à quatre fûts au même conguero. Une paire se choisit dans deux tailles voisines, par exemple conga et tumba, pour pouvoir l’accorder à la quarte. Les congas se jouent assis, ou debout sur un support ou un rack.

Pour débuter, l’essentiel est de distinguer clairement son ouvert, basse et slap, puis de jouer le tumbao ou le martillo à tempo constant. Ces motifs répétitifs se travaillent idéalement au métronome, en suivant notre méthode pour travailler avec un métronome, avant de les confronter à des enregistrements.

Accordage et entretien

Comme pour tout tambour, les tirants s’ajustent à la clé par petites fractions de tour, en passant de l’un à l’autre tout autour du fût pour garder une tension homogène, puis on vérifie la note en frappant près de chaque tirant. Les peaux animales sont plus sensibles aux variations de météo que les peaux synthétiques : vérifiez l’accord avant de jouer et ne laissez pas l’instrument au soleil ou près d’une source de chaleur. Sur les bongos traditionnels du changüí, sans tirants, on retend encore la peau en la chauffant.

Percussionnistes de référence

Chano Pozo a été le premier percussionniste latin du big band de Dizzy Gillespie. Mongo Santamaría, conguero de Tito Puente puis de Cal Tjader, a composé « Afro Blue » (1959) et enregistré « Watermelon Man » en 1962. Armando Peraza, aux congas et aux bongos, a joué environ douze ans avec George Shearing puis, de 1972 à 1990, avec Santana. Patato Valdés, Cándido Camero, Tata Güines, Changuito (Los Van Van), Ray Barretto, Giovanni Hidalgo et Poncho Sanchez figurent aussi parmi les grands noms de ces instruments. Les bongos ont aussi gagné la musique savante : Ionisation d’Edgard Varèse (1931), Le Marteau sans maître de Pierre Boulez (1955) ou Drumming de Steve Reich (1971), qui utilise quatre paires de bongos accordés. Ces tambours appartiennent à la famille des batteries et percussions, comme le djembé.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre congas et bongos ?

Les congas sont de grands fûts d’environ 75 cm, joués seuls ou par groupe de deux à quatre, debout ou assis. Les bongos sont une paire de petits tambours reliés, tenus entre les genoux, au son plus aigu et plus sec.

Quel bongo est le macho et lequel est la hembra ?

Le macho (« mâle ») est le plus petit des deux, avec environ 20 cm de diamètre ; la hembra (« femelle ») mesure environ 25 cm. Les deux tambours sont reliés par un pont en bois, et un droitier place la hembra à droite.

Comment accorder deux congas ?

On accorde généralement les deux tambours à une quarte d’écart, le plus petit en haut. Certains musiciens préfèrent d’autres intervalles, comme ceux d’un accord majeur sur trois congas.

Combien de congas faut-il pour commencer ?

Une seule conga suffit pour apprendre les frappes et le tumbao, comme dans la rumba traditionnelle où chaque musicien joue un tambour. Depuis les années 1950, les congueros d’orchestre jouent le plus souvent sur deux à quatre fûts, ce qui justifie l’achat d’une paire dans un second temps.

Variantes

  • Requinto : conga de moins de 25 cm, très aiguë
  • Quinto : conga d’environ 28 cm, voix soliste
  • Conga (tres dos) : tambour médian de 29 à 30 cm
  • Tumba (salidor) : conga grave de 30 à 32 cm
  • Supertumba : jusqu’à 36 cm
  • Bongos : paire macho (environ 20 cm) et hembra (environ 25 cm)
  • Bongó de monte : bongo traditionnel du changüí, accordé à la flamme

Composants

  • Fût : douelles de bois ou fibre de verre
  • Peau : membrane unique frappée à mains nues
  • Cercle et tirants : tendent la peau et règlent la hauteur
  • Pont en bois des bongos : relie macho et hembra
  • Support ou rack : permet de jouer les congas debout

Techniques de jeu

  • Son ouvert
  • Son étouffé
  • Basse paume creusée
  • Slap
  • Talon-pointe (manoteo)
  • Glissando (deslizado)
  • Tumbao aux congas
  • Martillo aux bongos

Usages et styles

  • Salsa
  • Son cubain
  • Rumba
  • Jazz latin
  • Mambo
  • Bachata
  • Rock latin

Sources

  1. en.wikipedia.org/wiki/Conga
  2. fr.wikipedia.org/wiki/Conga
  3. en.wikipedia.org/wiki/Bongo_drum
  4. en.wikipedia.org/wiki/Chano_Pozo
  5. en.wikipedia.org/wiki/Mongo_Santamaría
  6. en.wikipedia.org/wiki/Armando_Peraza
  7. en.wikipedia.org/wiki/Latin_Percussion
  8. en.wikipedia.org/wiki/Drum_tuning
  9. en.wikipedia.org/wiki/Drumhead