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Trompette

Trompette : fonctionnement des pistons, histoire de la trompette naturelle au jazz, modèles en si bémol, en ut ou piccolo, choix et entretien pour débuter.

La trompette est un instrument à vent de la famille des cuivres, la voix soprano de la section des cuivres. Le son naît de la vibration des lèvres du musicien dans une embouchure, puis se développe dans un tube de laiton d’environ 1,48 m sur le modèle en si bémol, replié deux fois et terminé par un pavillon. Trois pistons lui donnent accès à toutes les notes de la gamme chromatique, du jazz à l’orchestre symphonique.

Comment fonctionne une trompette ?

Lèvres légèrement fermées contre l’embouchure, le trompettiste souffle de manière à les faire vibrer : plus la note visée est aiguë, plus cette vibration doit être rapide. Sans pistons, le tube ne produit qu’une série de notes naturelles, les harmoniques, que l’on sélectionne en jouant sur l’ouverture et la tension des lèvres.

Les pistons comblent les vides entre ces harmoniques en ajoutant des longueurs de tube. Le premier abaisse la note d’un ton, le deuxième d’un demi-ton, le troisième d’un ton et demi ; combinés, ils la descendent jusqu’à trois tons. La tessiture courante, en notes écrites, s’étend du fa dièse situé sous le do central jusqu’au do aigu, soit environ deux octaves et demie, auxquelles s’ajoutent des notes pédales plus graves et un suraigu exploité par quelques spécialistes, comme Arturo Sandoval.

La coulisse d’accord principale règle la justesse générale : la tirer fait baisser la note, l’enfoncer la fait monter. Le réglage se contrôle facilement avec un accordeur. Des clés d’eau permettent enfin d’évacuer la condensation qui s’accumule pendant le jeu.

Histoire de la trompette en dates

Les instruments de type trompette sont très anciens : deux exemplaires ont été retrouvés dans le tombeau de Toutânkhamon, et l’Antiquité connaît la salpinx grecque, le cornu et le lituus romains ou le carnyx celte. Longtemps réservée aux usages militaires et cérémoniels, la trompette entre dans la musique de concert vers 1600. L’époque baroque est considérée comme l’âge d’or de la trompette naturelle, sans piston ni clé : elle ne joue que les notes d’une seule série harmonique, et le musicien change de tonalité en ajoutant des tubes de rechange.

  • Années 1790 : Anton Weidinger met au point la première trompette à clés réellement aboutie ; Haydn compose pour lui en 1796 son concerto en mi bémol majeur.
  • 1814 : Heinrich Stölzel applique des pistons au cor ; l’usage de la trompette à l’orchestre se développe nettement par la suite.
  • 1839 : François Périnet fait breveter le piston moderne.
  • 1953 : Maurice André, ancien mineur d’Alès, obtient un premier prix de trompette au Conservatoire de Paris ; il remporte ensuite les concours de Genève (1955) et de l’ARD à Munich (1963).
  • 1959 : Miles Davis publie Kind of Blue le 17 août chez Columbia ; l’album est certifié cinq fois disque de platine aux États-Unis en 2019.

Trompette en si bémol, en ut, piccolo : les variantes

La trompette en si bémol est aujourd’hui la plus utilisée. C’est un instrument transpositeur : quand le musicien lit un do, on entend un si bémol, un ton plus bas. La trompette en ut, qui ne transpose pas, est très employée en France, notamment à l’orchestre symphonique, et elle est aussi courante dans les orchestres américains.

La trompette piccolo, au tube deux fois plus court que la si bémol, sonne une octave au-dessus. Elle reçoit souvent un quatrième piston qui abaisse la note d’une quarte, et une coulisse additionnelle permet de la jouer en la. Maurice André l’a introduite au Conservatoire de Paris pour le répertoire baroque, et Selmer en a construit une selon ses indications. Il existe aussi des trompettes en ré, en mi bémol, en mi ou en sol, ainsi que des trompettes basses, une octave sous l’instrument standard.

Deux mécaniques coexistent : les pistons, majoritaires, et les palettes, à cylindres rotatifs, très répandues en Allemagne et en Europe de l’Est. Yamaha reconnaît aux pistons un timbre brillant et une grande fiabilité, aux palettes un maniement aisé et un timbre plus profond. Il ne faut pas confondre la trompette avec ses cousins : le cornet partage sa tonalité et ses pistons mais possède une perce plus conique et un son plus doux, le bugle, plus conique encore, un timbre plus rond. Le trombone, lui, remplace les pistons par une coulisse.

Sourdines et effets : comment changer le son de la trompette ?

La sourdine sèche, utilisée par défaut quand la partition ne précise rien, donne en version métallique un son brillant et perçant ; la sourdine bol l’assombrit ; la harmon, à tige réglable, produit l’effet « wah-wah » ; la plunger se manie à la main devant le pavillon. Avec sourdine, la trompette peut même prendre une douceur proche du hautbois, comme dans la Symphonie n° 1 de Chostakovitch, selon le Philharmonia Orchestra.

Le répertoire contemporain et le jazz ont multiplié les effets : flatterzunge, growl, glissandos obtenus en enfonçant les pistons à moitié, trilles de lèvres ou respiration circulaire. Certaines trompettes disposent d’un quatrième piston donnant des quarts de ton, une voie qu’explore Ibrahim Maalouf.

Comment choisir sa trompette pour débuter ?

La trompette en si bémol à pistons est le point de départ logique : c’est la plus répandue, et le système à pistons combine selon Yamaha un timbre brillant et des pannes rares. La perce constitue le deuxième critère. Le fabricant classe ses modèles en perce moyenne, moyenne-large et large, et rappelle que plus la perce est petite, moins l’instrument demande de souffle.

Le métal agit sur le timbre : le laiton jaune (70 % de cuivre, 30 % de zinc) sonne brillant et énergique, le laiton or (85 % de cuivre, 15 % de zinc) plus ample, le maillechort plus profond et plus résistant à la corrosion. Les finitions vernies ou argentées nuancent elles aussi le son.

Les premières séances portent sur la vibration des lèvres et la respiration, avant même les doigtés : inspirer profondément, souffler de façon régulière, ne pas écraser l’embouchure et ne pas gonfler les joues. Viennent ensuite la gamme, puis les premiers airs, que l’on gagne à travailler avec régularité ; notre guide pour travailler avec un métronome propose une progression adaptée.

Entretien de la trompette

Après avoir joué, videz l’eau par la clé d’eau et par les coulisses, en les retirant tout en maintenant enfoncé le piston correspondant. Les pistons s’huilent régulièrement : on dévisse le chapeau, on remonte le piston à mi-course sans le faire tourner, on dépose deux ou trois gouttes d’huile, puis on l’actionne plusieurs fois. Un coup de chiffon avant de ranger l’instrument retire les traces de doigts.

Chaque semaine, Yamaha recommande de nettoyer l’intérieur des coulisses, d’huiler les coulisses mobiles des premier et troisième pistons et de graisser les coulisses fixes, puis de laver l’embouchure à l’eau tiède additionnée de savon pour cuivres, avec un goupillon. Une fois par mois, l’intérieur du tube se lave avec un écouvillon flexible dans une eau à 30-40 °C. Mieux vaut ne pas mélanger deux huiles à pistons différentes, qui peuvent devenir collantes.

Les trompettistes de référence

Louis Armstrong a délaissé le cornet pour la trompette, un passage souvent présenté comme le début de la domination de la trompette dans le jazz. Après lui, Dizzy Gillespie, Miles Davis et Wynton Marsalis comptent parmi les trompettistes les plus influents. Côté classique, Maurice André a enregistré plus de 250 disques et enseigné au Conservatoire de Paris de 1967 à 1978. Ibrahim Maalouf, né à Beyrouth et formé par son père Nassim, a remporté le César de la meilleure musique originale pour Dans les forêts de Sibérie.

Questions fréquentes

Que signifie « trompette en si bémol » ?

Cela indique la note entendue quand le musicien joue un do écrit : la trompette en si bémol sonne un ton plus bas que la partition. C’est le modèle le plus joué, alors que la trompette en ut, non transpositrice, est fréquente à l’orchestre.

Combien de pistons a une trompette ?

Trois sur la trompette standard, qui abaissent la note d’un ton, d’un demi-ton et d’un ton et demi. Certaines piccolos et trompettes à quarts de ton en possèdent un quatrième ; les trompettes à palettes utilisent des cylindres rotatifs.

Quelle différence entre trompette, cornet et bugle ?

Les trois sont généralement en si bémol et à pistons. La trompette a une perce majoritairement cylindrique et un son brillant ; le cornet, plus conique, sonne plus doux ; le bugle, plus conique encore et doté d’une embouchure différente, offre le timbre le plus rond.

Peut-on jouer de la trompette sans déranger ses voisins ?

La trompette peut jouer très fort, ce qui lui servait autrefois à transmettre des signaux sur les champs de bataille. Pour travailler chez soi, il existe des sourdines d’étude, conçues pour l’entraînement, qui s’ajoutent à la panoplie des sourdines sèche, bol ou harmon.

Variantes

  • Trompette en si bémol : la plus jouée, transpositrice
  • Trompette en ut : non transpositrice, courante à l’orchestre
  • Trompettes en ré, mi bémol ou mi : modèles plus aigus
  • Trompette piccolo : une octave au-dessus, souvent à quatre pistons
  • Trompette à palettes : cylindres rotatifs, répandue en Allemagne et en Europe de l’Est
  • Trompette basse : une octave sous la trompette standard
  • Trompette à quarts de ton : quatrième piston pour les micro-intervalles

Composants

  • Embouchure : bord, cuvette et queue, où vibrent les lèvres
  • Branche d’embouchure : tube qui reçoit l’embouchure
  • Pistons : trois soupapes qui ajoutent des longueurs de tube
  • Coulisse d’accord principale : règle la justesse générale
  • Coulisses des 1er et 3e pistons : mobiles pour corriger la justesse
  • Clés d’eau : évacuent la condensation
  • Pavillon : diffuse le son

Techniques de jeu

  • Détaché simple, double (ta-ka) et triple (ta-ta-ka)
  • Trilles et liaisons de lèvres
  • Vibrato
  • Glissando à demi-piston
  • Flatterzunge et growl
  • Notes pédales
  • Respiration circulaire
  • Jeu avec sourdines (sèche, bol, harmon, plunger)

Usages et styles

  • Musique classique et orchestre symphonique
  • Musique baroque
  • Jazz
  • Orchestres d’harmonie et fanfares
  • Musiques militaires et cérémonielles
  • Musiques populaires

Démonstration

Sources

  1. fr.wikipedia.org/wiki/Trompette
  2. en.wikipedia.org/wiki/Trumpet
  3. en.wikipedia.org/wiki/Brass_instrument_valve
  4. philharmonia.co.uk/resources/instruments/trumpet/
  5. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/trumpet/play
  6. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/trumpet/selection/
  7. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/trumpet/selection/selection002.html
  8. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/trumpet/maintenance
  9. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/trumpet/maintenance/maintenance002.html
  10. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/trumpet/maintenance/maintenance003.html
  11. fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_André
  12. fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Maalouf
  13. en.wikipedia.org/wiki/Kind_of_Blue