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Trombone

Trombone : fonctionnement de la coulisse et des sept positions, histoire depuis la saqueboute, modèles ténor, basse ou alto et conseils pour débuter.

Le trombone est un instrument à vent de la famille des cuivres qui change de note grâce à une coulisse télescopique plutôt qu’à des pistons. Comme sur tous les cuivres, le son est produit par la vibration des lèvres dans une embouchure ; le modèle le plus courant, le trombone ténor en si bémol, compte environ 2,70 m de tube, coulisse fermée. Son nom vient de l’italien tromba, la trompette, augmenté du suffixe -one : littéralement, une grande trompette.

Comment fonctionne la coulisse du trombone ?

Comme sur la trompette, le musicien choisit parmi les notes naturelles du tube, les harmoniques, en serrant plus ou moins les lèvres et en dosant la pression de l’air. La coulisse fait le travail des pistons : en la tirant, on allonge le tube et la note descend.

Le trombone ténor compte sept positions. La première correspond à la coulisse fermée, la septième à la coulisse entièrement sortie, et chaque position, éloignée d’environ 8 cm de la précédente, abaisse la note d’un demi-ton. Ce système de sept positions chromatiques a été décrit pour la première fois vers 1795 par André Braun. Sur un ténor sans mécanisme, la note la plus grave de la tessiture ordinaire est le mi situé un triton sous le si bémol fondamental de l’instrument.

Parce que la coulisse est continue, le tromboniste peut s’arrêter entre deux positions pour corriger la justesse, ou glisser sans interruption d’une note à l’autre, jusqu’à un intervalle de triton. Cet effet de glissando, souvent utilisé pour son côté comique dans les dessins animés, est aussi une signature du jazz. Pour la justesse générale, une petite coulisse d’accord est placée dans la courbe en U qui précède le pavillon ; un accordeur permet de la régler avant de jouer.

Histoire du trombone en dates

  • XVe siècle : apparition de la saqueboute, ancêtre direct du trombone, aux tubes plus étroits et au pavillon plus petit ; le mot français est attesté dès 1466.
  • Renaissance : âge d’or de l’instrument, à qui l’on confie une musique délicate pour les offices religieux.
  • XVIIe siècle : le nom italien de trombone se répand.
  • 1767 : Gluck l’emploie dans l’ouverture d’Alceste, l’un des premiers grands usages symphoniques.
  • Vers 1795 : André Braun décrit le système des sept positions.
  • 1808 : Beethoven fait entendre des trombones dans sa Symphonie n° 5 ; contrairement à une idée répandue, il n’est pas le premier à les placer dans une symphonie, Anton Zimmermann l’ayant précédé.
  • Début du XIXe siècle : le trombone devient un membre régulier de l’orchestre.
  • Fin des années 1830 : Christian Friedrich Sattler met au point le barillet, qui abaisse l’instrument d’une quarte.
  • Années 1870 : Wagner commande un trombone contrebasse pour Der Ring des Nibelungen.
  • Milieu des années 1920 : avec le swing, le trombone quitte son rôle de lignes de basse et d’accords pour devenir soliste.

Trombone ténor, basse, alto : quels modèles ?

Le trombone ténor, en si bémol, est l’instrument standard des pupitres de cuivres. Bien qu’accordé en si bémol, il est traité comme un instrument non transpositeur : sa partie s’écrit en sons réels, en clé de fa ou en clé d’ut quatrième ligne. Seules les fanfares, les brass bands britanniques et certaines formations de défilé américaines l’écrivent en clé de sol avec transposition. Pour réviser les clés, notre guide lire une partition reprend les bases.

Le ténor-basse ajoute un barillet, aussi appelé noix, actionné au pouce. Ce cylindre rotatif ouvre environ 90 cm de tube supplémentaire et fait passer l’instrument de si bémol à fa : il prolonge le grave et remplace les sixième et septième positions par des positions plus courtes, ce qui accélère le jeu. Un ténor dépourvu de barillet est appelé ténor simple.

Le trombone basse, lui aussi en si bémol, possède une perce plus large, un pavillon plus grand, une embouchure plus grosse et le plus souvent deux barillets, qui lui assurent une échelle chromatique continue jusqu’au si bémol grave. L’alto, en mi bémol, sonne une quarte au-dessus du ténor avec un timbre plus clair ; il s’écrit en clé d’ut troisième ligne et reste relativement rare. Le trombone contrebasse descend une quarte ou une octave sous le ténor, et le trombone à pistons, apparu vers les années 1850, remplace la coulisse par trois pistons.

Comment choisir son trombone pour débuter ?

Le ténor étant le modèle standard, présent dans la plupart des pupitres de cuivres, c’est logiquement par lui que l’on commence. Le critère décisif est ensuite la perce, qui va d’environ 11,4 mm pour une petite perce à 13,9 mm pour une grande. Selon Yamaha, plus la perce est petite, moins l’instrument demande de souffle : les petites perces donnent un son clair, à l’aise dans les aigus délicats, et sont prisées en jazz et en pop ; les perces moyennes conviennent à un premier trombone d’orchestre ou à l’harmonie ; les grandes perces offrent le son le plus ample, adapté au jeu d’ensemble.

Le pavillon influe aussi sur le timbre : le laiton jaune sonne brillant et énergique, le laiton or plus large et plus plein. Les embouchures existent avec une queue fine ou large, et Yamaha conseille d’essayer les deux avant de se décider ; une cuvette profonde donne un son ample, une cuvette plus plate un son plus brillant et plus incisif.

Entretien du trombone

La coulisse est la pièce à soigner. Avant de jouer, essuyez la coulisse intérieure, puis déposez une très petite quantité de crème ou d’huile à coulisse sur les parties légèrement plus épaisses situées aux extrémités, jamais de graisse. Avec la crème, on vaporise un peu d’eau puis on fait coulisser plusieurs fois pour répartir le produit ; la couche doit rester assez fine pour laisser voir le métal. Sur les ténors-basses et les basses, le barillet reçoit de l’huile pour rotor.

Après le jeu, videz l’eau par la clé d’eau, puis nettoyez l’intérieur des coulisses avec une baguette entourée de gaze, en vérifiant qu’aucun morceau de gaze ne reste dans le tube. Un chiffon de polissage ou un produit adapté au vernis entretient l’extérieur. Si la coulisse devient paresseuse au bout de dix à quinze minutes de jeu, mieux vaut la faire contrôler en atelier.

Les trombonistes de référence

En jazz, Jack Teagarden et J. J. Johnson figurent parmi les premiers grands solistes de l’instrument. Le trombone a aussi marqué le ska avec Don Drummond, membre des Skatalites, le reggae avec Rico Rodriguez, la salsa avec Willie Colón, qui l’y a popularisé, ou le funk avec Fred Wesley, directeur musical de James Brown. La scène française compte notamment Glenn Ferris, Denis Leloup, Yves Robert ou Sébastien Llado. À l’orchestre, le solo du Tuba mirum du Requiem de Mozart est devenu un passage obligé des concours de recrutement.

Questions fréquentes

Combien de positions a un trombone ?

Le trombone ténor compte sept positions, de la coulisse fermée à la coulisse entièrement sortie. Chaque position abaisse la note d’un demi-ton par rapport à la précédente, et la coulisse permet aussi des positions intermédiaires pour ajuster la justesse.

Le trombone est-il un instrument transpositeur ?

Non, dans l’usage orchestral : bien qu’accordé en si bémol, le ténor s’écrit en sons réels, en clé de fa ou d’ut. Les fanfares et brass bands l’écrivent toutefois en clé de sol, transposé en si bémol.

À quoi sert le barillet d’un trombone ?

Actionné au pouce, il ajoute environ 90 cm de tube et abaisse l’instrument d’une quarte, de si bémol à fa. Il étend le grave et évite les positions les plus longues, ce qui rend certains traits plus rapides.

Quelle différence entre trombone ténor et trombone basse ?

Les deux sont en si bémol, mais le trombone basse possède une perce plus large, un pavillon plus grand, une embouchure plus grosse et généralement deux barillets. Il descend ainsi de façon continue jusqu’au si bémol grave.

Variantes

  • Trombone ténor : en si bémol, modèle standard
  • Ténor-basse : ténor équipé d’un barillet en fa
  • Trombone basse : perce large, généralement deux barillets
  • Trombone alto : en mi bémol, une quarte au-dessus du ténor
  • Trombone contrebasse : une quarte ou une octave sous le ténor
  • Trombone à pistons : trois pistons à la place de la coulisse
  • Saqueboute : ancêtre Renaissance, à perce étroite

Composants

  • Embouchure : cuvette où vibrent les lèvres
  • Coulisse intérieure et extérieure : allongent ou raccourcissent le tube
  • Entretoise de coulisse : sert à tenir et à manœuvrer la coulisse
  • Verrou de coulisse : bloque la coulisse au repos
  • Clé d’eau : évacue la condensation
  • Coulisse d’accord : règle la justesse générale
  • Barillet (noix) : abaisse l’instrument d’une quarte
  • Pavillon : diffuse le son
  • Contrepoids : équilibre l’instrument en main

Techniques de jeu

  • Glissando (jusqu’au triton)
  • Positions intermédiaires pour ajuster la justesse
  • Positions alternatives avec le barillet
  • Changement d’harmonique par les lèvres
  • Notes pédales
  • Jeu avec sourdines (sèche, bol, harmon, plunger, bucket)

Usages et styles

  • Orchestre symphonique
  • Orchestres d’harmonie, fanfares et brass bands
  • Jazz et big bands
  • Ska et reggae
  • Salsa
  • Funk et R&B

Démonstration

Sources

  1. fr.wikipedia.org/wiki/Trombone_(instrument)
  2. en.wikipedia.org/wiki/Trombone
  3. philharmonia.co.uk/resources/instruments/trombone/
  4. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/trombone/mechanism/mechanism005.html
  5. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/trombone/selection/
  6. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/trombone/selection/selection003.html
  7. yamaha.com/en/musical_instrument_guide/trombone/maintenance/