Table de mixage DJ
Table de mixage DJ : gain, égaliseur et crossfader, histoire depuis les années 1970, tables rotatives et de battle, conseils pour choisir et bien mixer.

Une table de mixage DJ est la console qui reçoit les signaux des platines, des lecteurs ou d’un ordinateur et les mélange avant de les envoyer vers la sono. Pour chaque voie, elle réunit un réglage de gain, un égaliseur, un fader de volume et une touche de pré-écoute au casque, auxquels s’ajoute un crossfader qui fait passer d’une source à l’autre. Une table DJ compte en général de deux à quatre voies, jusqu’à six sur les grands modèles de club, quand une console de sonorisation de club en aligne environ 24 et une grande console de studio de 48 à 96.
Comment fonctionne une table de mixage DJ ?
Le signal suit un trajet simple. À l’entrée, chaque voie accepte une source ligne (lecteur, ordinateur) ou phono : une platine délivre un signal trop faible pour la sono, que la table remonte grâce à un préamplificateur intégré. Le gain ajuste ensuite le niveau d’entrée, contrôlé sur les vumètres, puis l’égaliseur, qui agit au minimum sur les graves et les aigus, corrige le timbre avant le fader de voie qui dose le volume.
Le crossfader, curseur horizontal placé en bas de la table, fait passer d’une source à l’autre : tout à gauche, on n’entend que la source A, tout à droite la source B, au centre les deux mélangées. En parallèle, la section de pré-écoute (cue) envoie au casque la voie choisie sans la diffuser dans la salle, ce qui permet de préparer le morceau suivant. La sortie master alimente la sono, et une sortie booth l’enceinte de retour de la cabine. Les tables actuelles ajoutent souvent une carte son USB qui les relie directement à un logiciel de mix, des effets intégrés comme l’écho ou la réverbération, une entrée micro et parfois des coupe-bandes (kill switches) qui suppriment entièrement une plage de fréquences, par exemple toutes les basses d’une voie.
Histoire de la table de mixage DJ en dates clés
- Fin des années 1960 : Francis Grasso, l’un des premiers à caler des disques sur le tempo, mixe sans pouvoir écouter le morceau suivant à l’avance.
- Début des années 1970 : Alex Rosner lui construit « Rosie », une table stéréo sur mesure peinte en rouge, qui permet d’écouter au casque un mix de pré-écoute séparé.
- Années 1970 : la Bozak CMA-10-2DL, table à boutons rotatifs au format rack, devient le standard des clubs.
- 1977 : la Citronic SMP101 est la première console du commerce dotée d’un crossfader ; la GLI PMX 7000 suit la même année aux États-Unis.
- 1983 : la société californienne UREI lance la 1620, table rotative.
- 1988 : DJ Cash Money remporte le championnat du monde DMC sur une Gemini MX-2200, table compacte à deux voies qui préfigure les tables de battle.
- 1999 : Allen & Heath, fabricant de consoles depuis une trentaine d’années, sort sa première table DJ, la Xone:62.
- 2004 : la Xone:92 est la première table DJ dotée d’une sortie MIDI, capable de piloter un logiciel.
- 2006 : la Rane TTM-57 intègre des commandes MIDI dédiées au logiciel Serato Scratch Live.
- 2007 : la Pioneer DJM-700 compte parmi les premières tables DJ à traitement du signal entièrement numérique.
- 2016 : PLAYdifferently, la société de Richie Hawtin, présente la Model 1, conçue avec Andy Rigby-Jones et adoptée notamment par Carl Cox.
Table à faders, rotative ou de battle : quelles différences ?
La table à faders verticaux en quatre voies correspond au format des cabines de club. Pioneer DJ présente ainsi la DJM-A9, annoncée en février 2023, comme une table au standard des clubs ; elle y ajoute une entrée Bluetooth, une entrée micro avec alimentation fantôme pour les micros à condensateur et quatorze effets « Beat FX ».
La table rotative remplace les faders par de gros potentiomètres, dans la lignée de la Bozak et de l’UREI 1620. Le format a gardé ses fidèles : en 2003, DJ Deep demande à l’ingénieur Jérôme Barbé de réparer son UREI 1620, et la démarche aboutit à une nouvelle table, l’E&S DJR400. Le choix tient au geste plus qu’au son : selon un dossier de la Red Bull Music Academy, le type de commande n’a pratiquement aucune influence sur le son lui-même.
La table de battle, pensée pour le scratch, se limite à deux voies mais soigne le crossfader. La DJM-S11 de Pioneer DJ permet de régler sa courbe et même sa résistance, et ajoute huit pads, un écran tactile de 4,3 pouces et la prise en charge du mode DVS de Serato DJ Pro et de rekordbox. Le format est né dans les années 1980 avec des modèles compacts comme la Gemini MX-2200.
Comment choisir sa table de mixage DJ
Le nombre de voies se décide selon les sources : deux suffisent pour une paire de platines ou de lecteurs, quatre permettent d’ajouter un ordinateur, une boîte à rythmes ou un sampler. Si l’on joue du vinyle, il faut vérifier que les voies utilisées disposent d’entrées phono. Pour un usage avec logiciel, une carte son USB intégrée évite une interface externe et rend possible le mix en timecode (DVS).
Restent les critères de jeu : qualité et réglages du crossfader pour le scratch, égaliseur avec ou sans coupe-bandes, filtres et effets, sortie booth réglable pour le retour de cabine, entrée micro. Pioneer DJ, dont la part du marché DJ était estimée à 60 % en 2014, qualifie sa DJM-900NXS2 de table « club standard » : apprendre sur une disposition similaire facilite le passage en cabine.
Techniques de mix : gain, égaliseur, crossfader et effets
Avant toute transition, on aligne les niveaux : le morceau entrant est écouté au casque et son gain réglé pour que les vumètres affichent la même valeur que le titre en cours. Une fois les tempos calés sur les platines ou les lecteurs DJ multimédias, au besoin après avoir mesuré les BPM avec l’outil Tap BPM, le fondu se fait au fader de voie ou au crossfader.
L’égaliseur sert à éviter que les fréquences se marchent dessus : on coupe les basses du disque entrant, puis on les échange avec celles du disque sortant au moment voulu. Les effets intégrés, comme l’écho ou la réverbération, prolongent une fin de morceau ou marquent une rupture. Le guide Comprendre le tempo et les BPM aide à raisonner en temps et en mesures pour placer ces transitions.
En scratch, le crossfader devient un instrument : ouvert en continu pour le baby scratch, fermé puis ouvert par à-coups pour le transformer scratch. Les tables de battle permettent de régler sa courbe, plus ou moins raide, selon le style de jeu.
Questions fréquentes
Quelle différence entre une table de mixage DJ et une console de sonorisation ?
La table DJ compte peu de voies, de deux à six, mais intègre des préamplis phono, un crossfader et une pré-écoute pensée pour caler des morceaux. Une console de sonorisation ou de studio aligne des dizaines de voies destinées aux micros et aux instruments.
Combien de voies faut-il pour débuter ?
Deux voies suffisent pour apprendre à enchaîner deux platines ou deux lecteurs. Une table à quatre voies devient utile pour ajouter des sources ou s’entraîner sur le format des clubs.
Peut-on brancher une platine vinyle sur n’importe quelle entrée ?
Non : une platine vinyle de DJ se branche sur une entrée phono, qui préamplifie son signal. Sur une entrée ligne, le son serait bien trop faible.
Une table de mixage remplace-t-elle un contrôleur DJ ?
Pas tout à fait : la table mélange elle-même les signaux audio, alors qu’un contrôleur DJ pilote un logiciel qui réalise le mix. Certaines tables dotées d’une carte son USB peuvent toutefois commander un logiciel.
Variantes
- Table deux voies à faders : enchaînement de deux sources
- Table de club quatre voies : format des cabines professionnelles
- Table rotative : potentiomètres rotatifs à la place des faders
- Table de battle : deux voies et crossfader réglable pour le scratch
- Table avec carte son USB : liaison directe à un logiciel et au DVS
Composants
- Préamplis phono : remontent le signal des platines
- Gain : niveau d’entrée de chaque voie
- Égaliseur : réglage des graves et des aigus par voie, avec ou sans coupe-bande
- Fader de voie : volume de chaque source
- Crossfader : passage d’une source à l’autre
- Pré-écoute (cue) et sortie casque
- Vumètres : contrôle des niveaux
- Sorties master et booth
- Entrée micro
- Section d’effets
Techniques de jeu
- Égalisation des niveaux au gain
- Échange des basses à l’égaliseur
- Fondu au fader de voie ou au crossfader
- Coupure d’une bande de fréquences (kill)
- Baby scratch et transformer scratch au crossfader
- Écho et réverbération en fin de morceau
Usages et styles
- House
- Techno
- Disco
- Hip-hop et turntablism
- Électro
Sources
- en.wikipedia.org/wiki/DJ_mixer
- daily.redbullmusicacademy.com/2019/06/evolution-of-dj-mixers
- bonedo.de/artikel/die-10-wichtigsten-dj-mixer-der-geschichte/
- pioneerdj.com/en/product/mixer/djm-a9/black/overview/
- pioneerdj.com/en/product/mixer/djm-s11/black/overview/
- en.wikipedia.org/wiki/Pioneer_DJ
- pioneerdj.com/en/product/all-in-one-system/xdj-rx3/black/overview/
- en.wikipedia.org/wiki/Richie_Hawtin
- en.wikipedia.org/wiki/Beatmatching
- en.wikipedia.org/wiki/Scratching