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Piano

Piano acoustique : invention de Cristofori vers 1700, fonctionnement, piano droit ou à queue, accord, entretien et grands pianistes, de Chopin à Jarrett.

Le piano est un instrument à clavier de la famille des cordes frappées : chaque touche actionne un marteau recouvert de feutre qui frappe une à trois cordes tendues sur un cadre. Inventé à Florence par Bartolomeo Cristofori autour de 1700, il doit son nom à sa nouveauté majeure, jouer doux (piano) ou fort (forte) selon la force du toucher. Il existe sous deux formes principales, le piano droit et le piano à queue.

Comment fonctionne un piano ?

Un piano moderne compte 88 touches, 52 blanches et 36 noires, soit environ sept octaves et un quart. Pour une seule note, une soixantaine de pièces entrent en jeu : leviers, échappement, marteau, étouffoir. Le marteau frappe la corde puis s’en écarte aussitôt pour la laisser vibrer ; l’étouffoir retombe quand on relâche la touche et arrête le son.

Les cordes, en acier, sont simples dans le grave, où elles sont filées de cuivre, doubles dans le médium et triples dans l’aigu. Leur tension cumulée atteint environ 20 tonnes sur un piano de concert moderne, d’où la présence d’un cadre en fonte. La vibration est transmise à la table d’harmonie, une paroi d’épicéa d’environ 8 mm d’épaisseur sur les bons instruments, qui amplifie le son. Au total, un piano assemble plus de 12 000 pièces.

Les pédales complètent le jeu. À droite, la pédale forte relève tous les étouffoirs et prolonge le son. À gauche, la pédale douce (una corda) décale la mécanique sur un piano à queue, ou rapproche les marteaux des cordes sur un piano droit. Au centre, selon les modèles, la pédale tonale (sostenuto) ne maintient que les notes déjà enfoncées, tandis que beaucoup de pianos droits proposent une sourdine pour l’étude.

Histoire du piano : les dates clés

  • 1700 : un inventaire des Médicis décrit un instrument de Bartolomeo Cristofori, gardien des instruments du prince Ferdinand, « qui fait le piano et le forte ».
  • 1711 : Scipione Maffei publie à Venise un article illustré sur la mécanique de Cristofori, bientôt traduit en allemand.
  • 1720-1726 : datation des trois pianos de Cristofori conservés, à New York (Metropolitan Museum), Rome et Leipzig.
  • 1747 : après avoir critiqué la faiblesse des aigus d’un premier modèle de Gottfried Silbermann dans les années 1730, Jean-Sébastien Bach approuve un instrument plus récent du même facteur.
  • Vers 1815 : Robert Wornum popularise à Londres le petit piano droit, dont il met au point la mécanique en 1826.
  • 1821 : Sébastien Érard brevète le double échappement, qui permet de répéter une note avant que la touche ne soit entièrement remontée.
  • 1825-1826 : Alpheus Babcock brevète à Boston un cadre en fonte d’une seule pièce ; Jean-Henri Pape garnit les marteaux de feutre.
  • 1844 : Jean-Louis Boisselot invente la pédale tonale, reprise par Steinway en 1874.
  • 1859 : Henry Steinway Jr. brevète aux États-Unis les cordes croisées pour le piano à queue.
  • 1993 : Yamaha lance le Silent Piano, un piano acoustique que l’on peut jouer au casque.

La France a tenu une place de premier plan : Ignace Pleyel s’installe à Paris en 1807 et y fonde sa marque, Gaveau naît en 1847, puis Érard, Pleyel et Gaveau se regroupent dans les années 1960. Le marché s’est depuis fortement réduit, d’environ 40 000 pianos acoustiques vendus en France en 1980 à 6 000 en 2020.

Piano droit ou piano à queue : quelle différence ?

Dans le piano à queue, cordes et table d’harmonie sont horizontales ; dans le piano droit, elles sont verticales, ce qui libère de la place au sol. Les deux formes n’utilisent d’ailleurs pas la même mécanique : celle du piano droit, mise au point par Robert Wornum, a été conçue pour des marteaux qui frappent des cordes verticales.

Les tailles varient fortement. Un piano à queue mesure d’environ 1,5 m à 3 m de long ; les appellations françaises (crapaud, quart de queue, demi-queue) ne correspondent à aucune norme, et les modèles de concert s’étendent de 2 à 3 m. Les pianos droits d’étude mesurent couramment de 107 à 114 cm de haut. Le poids suit : environ 130 kg pour un petit droit, 480 kg pour un Steinway modèle D de concert.

D’autres formes ont marqué l’histoire, comme le piano carré, de forme rectangulaire, dont la conception est attribuée à Johannes Zumpe en Angleterre, ou le pianoforte des premiers temps, à cadre en bois. Pour l’équivalent électronique, voir notre fiche piano numérique.

Comment choisir un piano et débuter ?

Le choix dépend d’abord de la place et du voisinage. Un piano droit d’étude convient à la plupart des appartements ; un piano à queue demande nettement plus de place au sol. Pour jouer tard le soir, les systèmes silencieux, apparus avec le Silent Piano de Yamaha en 1993, permettent de basculer sur un son numérique au casque.

Sur le marché de l’occasion, mieux vaut faire examiner l’instrument par un technicien avant l’achat : état de la table d’harmonie, tenue des chevilles, usure des marteaux. Côté apprentissage, les bases du solfège (voir notre guide lire une partition) et un travail régulier au métronome font gagner beaucoup de temps.

Entretien : accord, humidité et réglages

Steinway recommande des accords fréquents la première année, le temps que les matériaux s’adaptent à la tension, puis au moins deux accords par an. Le la de référence est normalisé à 440 Hz depuis 1939, et un accord demande de 40 minutes à 2 h 30 selon l’état de l’instrument. L’accordeur travaille en tempérament égal, en élargissant légèrement les octaves extrêmes.

Le bois réagit à l’humidité : le fabricant conseille une hygrométrie de 45 à 70 % et une température stable d’environ 20 °C, un emplacement contre un mur intérieur, loin des fenêtres, des portes extérieures, des radiateurs et du soleil direct. Deux opérations complètent l’accord : la régulation, réglage périodique de la mécanique, et l’harmonisation des marteaux, à confier à un technicien qualifié. Les touches se nettoient avec un chiffon à peine humide.

Pianistes et œuvres de référence

Beethoven a écrit 32 sonates pour piano entre 1795 et 1822, dont la sonate « Hammerklavier » op. 106 (1818). Toutes les œuvres de Chopin comportent une partie de piano, et le compositeur a entretenu une longue relation avec les instruments Pleyel. Liszt passe pour le premier pianiste à avoir donné des récitals en solo au sens moderne : le mot est employé pour son concert londonien du 9 juin 1840.

Au XXe siècle, Glenn Gould enregistre en juin 1955 à New York les Variations Goldberg de Bach, publiées en 1956, puis les réenregistre en 1981. Le 24 janvier 1975, Keith Jarrett improvise à l’Opéra de Cologne The Köln Concert sur un petit Bösendorfer de répétition en mauvais état ; l’album, vendu à environ 4 millions d’exemplaires, est présenté comme le disque de jazz en solo le plus vendu.

Questions fréquentes

Combien de touches a un piano ?

La plupart des pianos modernes ont 88 touches, 52 blanches et 36 noires. Des instruments anciens n’en comptaient que 85, et le Bösendorfer Imperial en propose 97.

À quelle fréquence faut-il accorder un piano ?

Après une première année d’accords rapprochés, Steinway préconise au moins deux accords par an. Le bois de l’instrument travaille avec l’humidité, d’où l’importance d’un environnement stable.

Combien pèse un piano ?

Un petit piano droit pèse environ 130 kg. Un piano de concert dépasse largement ce poids : 480 kg pour le Steinway modèle D, 570 kg pour le Fazioli F308.

Qui a inventé le piano ?

Bartolomeo Cristofori, facteur né à Padoue en 1655 et entré au service de Ferdinand de Médicis en 1688. Un inventaire de 1700 atteste déjà l’existence de son instrument.

Variantes

  • Piano droit : cordes verticales, encombrement réduit
  • Piano à queue : cordes horizontales, d’environ 1,5 m à 3 m de long
  • Piano crapaud : le plus petit des pianos à queue
  • Piano de concert : grand piano à queue de 2 à 3 m
  • Pianoforte : piano des débuts, à cadre en bois
  • Piano carré : modèle rectangulaire historique
  • Piano silencieux : piano acoustique jouable au casque

Composants

  • Clavier : 88 touches, 52 blanches et 36 noires
  • Mécanique : leviers, échappement et marteaux feutrés
  • Cordes : une à trois par note, en acier, filées de cuivre dans le grave
  • Cadre en fonte : encaisse une tension d’environ 20 tonnes
  • Table d’harmonie : paroi d’épicéa qui amplifie la vibration
  • Sommier : bloc de hêtre où sont plantées les chevilles
  • Étouffoirs : arrêtent la vibration des cordes
  • Pédales : forte, douce (una corda), tonale ou sourdine

Techniques de jeu

  • Legato
  • Staccato
  • Pédale forte et demi-pédale
  • Una corda
  • Gammes et arpèges
  • Indépendance des mains
  • Voicings d’accords (jazz)

Usages et styles

  • Classique
  • Jazz
  • Chanson française
  • Pop
  • Variété
  • Musique de film
  • Accompagnement du chant

Sources

  1. fr.wikipedia.org/wiki/Piano
  2. en.wikipedia.org/wiki/Piano
  3. en.wikipedia.org/wiki/Bartolomeo_Cristofori
  4. fr.wikipedia.org/wiki/Piano_à_queue
  5. steinwaypianos.com/service/caring-for-your-steinway
  6. yamaha.com/en/about/history/innovation/episode-17/
  7. en.wikipedia.org/wiki/Piano_sonatas_(Beethoven)
  8. en.wikipedia.org/wiki/Frédéric_Chopin
  9. en.wikipedia.org/wiki/Franz_Liszt
  10. en.wikipedia.org/wiki/Bach:_The_Goldberg_Variations_(Glenn_Gould_album)
  11. en.wikipedia.org/wiki/The_Köln_Concert