Aller au contenu

Microphone de studio

Microphone de studio : dynamique, statique ou à ruban, rôle des directivités et choix entre USB et XLR selon la voix ou l’instrument à enregistrer.

Un microphone de studio est un transducteur qui convertit les variations de pression de l’air en signal électrique, conçu pour enregistrer voix et instruments avec précision. Trois technologies dominent : le micro dynamique, robuste et peu sensible ; le micro statique, ou à condensateur, plus sensible et plus détaillé ; le micro à ruban, qui réagit à la vitesse de l’air. Chacune existe en plusieurs directivités, qui déterminent ce que le micro capte autour de lui.

Le micro est le premier maillon de la chaîne d’enregistrement. Un modèle XLR se branche sur une interface audio, qui assure préamplification et conversion, alors qu’un micro USB intègre ces deux étages. Le guide Bien démarrer son home studio replace ce choix dans l’ensemble de l’équipement.

Comment fonctionne un microphone de studio

Le micro dynamique

Dans un micro dynamique à bobine mobile, une bobine solidaire de la membrane se déplace dans le champ d’un aimant permanent et produit une tension par induction électromagnétique. Il ne demande aucune alimentation, encaisse de très fortes pressions acoustiques et résiste aux chocs comme à l’humidité : selon Shure, un SM58 type ne distord qu’au-delà de 150 dB SPL.

Sa sensibilité plus faible et sa directivité souvent marquée limitent la captation de la pièce. D’où sa présence sur scène, devant les amplis guitare et basse, sur la caisse claire, la grosse caisse et les toms, ou en podcast.

Le micro statique (à condensateur)

Dans un micro à condensateur, la membrane forme l’une des armatures d’un condensateur : ses mouvements font varier la capacité, ce qui crée le signal. Le principe exige une tension de polarisation et un étage d’amplification, fournis par l’alimentation fantôme ou par une pile. La membrane, très légère, suit mieux les transitoires et les aigus.

Le statique est donc plus sensible et dispose d’une bande passante plus large, mais il capte aussi davantage l’acoustique de la pièce et le bruit de fond. Le micro à électret, variante dont le matériau conserve une charge permanente, se passe de tension de polarisation mais garde un petit préampli à alimenter.

Le micro à ruban

Le micro à ruban suspend une fine bande conductrice entre les pôles d’un aimant. Il réagit à la vitesse de l’air plutôt qu’à la pression, d’où son autre nom de micro « de vitesse », et présente naturellement une directivité bidirectionnelle. Son niveau de sortie est généralement bas, ce qui demande un préampli généreux en gain. Longtemps réputés fragiles, les rubans modernes sont nettement plus robustes, et certains supportent la scène.

Repères historiques

E. C. Wente, chez Western Electric, met au point le premier micro à condensateur en 1916. Le premier micro à bobine mobile vraiment exploitable est construit en 1923. RCA commercialise en 1931 le micro à ruban PB-31, puis en 1933 le 44A. Le Neumann U 47, micro à lampe à large membrane vendu à partir de 1949, est le premier statique à directivité commutable, cardioïde ou omnidirectionnelle ; Frank Sinatra, Ella Fitzgerald et les Beatles l’ont utilisé.

Beyerdynamic présente en 1957 le ruban M 160, devenu un classique des studios. Neumann lance en 1967 le U 87, statique à large membrane et trois directivités, que le fabricant présente comme le micro de référence pour la parole et le chant. Le Shure SM57, sorti en 1965, s’impose sur les instruments et la sonorisation. Depuis 2005, des micros USB de qualité professionnelle sont aussi proposés.

Quelle différence entre les directivités

La directivité décrit la sensibilité du micro selon l’angle d’arrivée du son. L’omnidirectionnel capte uniformément tout autour de lui : il est insensible au bruit de manipulation et restitue l’acoustique de la pièce. Le cardioïde, le plus répandu des micros directionnels, privilégie l’avant, atténue les côtés d’environ 6 dB et rejette l’arrière.

Le supercardioïde et l’hypercardioïde resserrent l’angle de captation, au prix d’un petit lobe arrière. Le bidirectionnel, en forme de 8, capte autant l’avant que l’arrière et rejette les côtés ; il sert notamment au couple stéréo MS. Certains statiques, comme le U 87, proposent plusieurs directivités au choix.

Les micros à gradient de pression, dont les cardioïdes, produisent un effet de proximité : plus la source est proche, plus les graves sont renforcés. Rapprocher ou éloigner la bouche ou l’instrument permet donc de doser les basses.

Petite ou large membrane : quelle différence

Les statiques à large membrane captent en général par le côté ; leur rendu plus coloré en fait le choix courant pour la voix, mais ils servent aussi sur la guitare acoustique, le piano ou en overheads de batterie. Les statiques à petite membrane, dits « crayons », captent par l’extrémité et sonnent plus neutre : on les place sur les cymbales, le piano, la guitare acoustique ou les cordes.

Micro USB ou XLR : lequel choisir

Un micro USB intègre préampli et convertisseur et se branche directement à l’ordinateur, qui l’alimente. Certains modèles ajoutent une sortie casque avec un réglage de balance entre le son direct, sans latence, et la lecture. Audio-Technica décline ainsi son AT2020 en version XLR et en versions USB (AT2020USB-X, AT2020USB-XP) à 24 bits et 96 kHz. La contrepartie est la flexibilité : impossible d’insérer un préampli ou un compresseur externe avant la conversion.

Le micro XLR passe par une interface ou une console. Il demande un appareil de plus, mais il s’intègre à tout le matériel professionnel et permet de brancher plusieurs micros sur une même interface, pour un podcast à plusieurs voix ou une prise de groupe.

Comment choisir un microphone de studio

  • Voix chantée : un statique à large membrane cardioïde dans une pièce calme ; un dynamique si la pièce est bruyante ou mal traitée, car il capte moins l’environnement.
  • Ampli guitare, caisse claire, grosse caisse : un dynamique, qui supporte les pressions élevées sans saturer.
  • Guitare acoustique, piano, cordes, cymbales : un statique, à petite membrane pour la neutralité ou à large membrane pour un son plus coloré.
  • Voix parlée et podcast : un dynamique pour isoler la voix, ou un modèle USB pour la simplicité d’installation.

Branchements et réglages

Un micro XLR se branche avec un câble symétrique à trois conducteurs. Pour un statique, on active le 48 V une fois le câble branché ; pour un dynamique ou un ruban, on le laisse coupé par précaution. Le gain se règle en faisant chanter ou jouer au niveau le plus fort prévu.

Deux accessoires complètent l’installation. L’anti-pop, une toile de nylon ou une grille métallique placée à 5 à 15 cm du micro, atténue les plosives comme « p » ou « b » et le protège de la salive. La suspension élastique, dite en berceau, l’isole des vibrations transmises par le pied et le sol.

Questions fréquentes

Micro dynamique ou statique pour chanter ?

Le statique à large membrane reste le choix courant en studio pour sa sensibilité et son détail. Le dynamique prend le relais quand la pièce est bruyante ou peu traitée, car il capte moins l’environnement, et sur scène pour sa robustesse.

Un micro USB suffit-il pour enregistrer de la musique ?

Pour une source unique, voix ou instrument, un micro USB enregistre en 24 bits sans autre matériel. Il devient limitant dès qu’il faut plusieurs micros simultanés ou des préamplis et traitements externes.

Pourquoi mon micro à condensateur ne donne-t-il aucun son ?

Le plus souvent, l’alimentation fantôme 48 V n’est pas activée sur l’entrée de l’interface ou de la console. Un micro statique ne produit aucun signal sans cette alimentation, ou sans pile pour les modèles qui en acceptent une.

Le 48 V peut-il endommager un micro à ruban ?

Les rubans modernes ont largement réduit ce risque, mais un câblage défectueux ou un modèle ancien peut être endommagé. La règle reste de couper l’alimentation fantôme avant tout branchement ou débranchement.

Variantes

  • Dynamique à bobine mobile : robuste, sans alimentation, supporte les fortes pressions
  • Statique à large membrane : sensible et coloré, référence pour la voix
  • Statique à petite membrane (crayon) : captation par l’extrémité, rendu plus neutre
  • Statique à lampe : préampli interne à tube, comme le Neumann U 47 d’origine
  • Électret : charge permanente, se miniaturise facilement
  • Ruban : réagit à la vitesse de l’air, directivité bidirectionnelle
  • Micro USB : préampli et convertisseur intégrés, branchement direct à l’ordinateur

Composants

  • Capsule : membrane qui convertit le son en signal
  • Membrane : vibre sous la pression acoustique
  • Bobine et aimant : génèrent la tension dans un micro dynamique
  • Ruban : fine bande conductrice placée entre les pôles d’un aimant
  • Préampli interne : adapte l’impédance d’un micro statique
  • Transformateur de sortie : élève le niveau d’un micro à ruban
  • Grille : protège la capsule
  • Connecteur XLR : sortie symétrique à trois broches

Techniques de jeu

  • Choix de la directivité selon la source
  • Dosage de l’effet de proximité par la distance
  • Prise rapprochée d’un ampli ou d’un fût
  • Couple stéréo MS
  • Utilisation d’un anti-pop contre les plosives
  • Montage en suspension élastique
  • Réglage du gain au niveau le plus fort prévu

Usages et styles

  • Chant
  • Voix parlée et podcast
  • Guitare acoustique
  • Amplis guitare et basse
  • Batterie
  • Piano
  • Cordes
  • Cuivres

Sources

  1. en.wikipedia.org/wiki/Microphone
  2. fr.wikipedia.org/wiki/Microphone
  3. en.wikipedia.org/wiki/Ribbon_microphone
  4. shure.com/en-US/insights/mic-basics-transducers
  5. uaudio.com/blog/dynamics-vs-condensers/
  6. en.wikipedia.org/wiki/Neumann_U_47
  7. neumann.com/en-en/products/microphones/u-87-ai/
  8. en.wikipedia.org/wiki/Beyerdynamic
  9. mixdownmag.com.au/features/audio-technica-xlr-vs-usb-connection/
  10. en.wikipedia.org/wiki/Phantom_power
  11. en.wikipedia.org/wiki/Pop_filter
  12. en.wikipedia.org/wiki/Shock_mount