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Ensemble Intercontemporain (EIC)

LA PMI, fidèle à sa vocation d’observateur de la vie musicale, se devait de fêter les trente ans de l’Ensemble InterContemporain, qui, depuis sa naissance, explore les terres vierges de la création sans négliger pour autant les grands classiques de la modernité. Hervé Boutry en est depuis deux ans l’administrateur général, la Finlandaise Suzanna Mälkki le directeur musical depuis la rentrée 2006. Refusant l’étiquette de spécialiste, elle dirige aussi bien le Concerto de chambre de Ligeti que Le Chevalier à la rose de Strauss. Ils étaient les invités de l’association le 26 avril.

Spécialisation
Suzanna Mälkki : Je ne suis pas spécialisée, je regrette seulement que beaucoup de chefs ignorent la musique contemporaine. Je veux me tenir au courant de ce qui se passe. La musique d’aujourd’hui est l’avenir de la musique d’hier. De toute façon, passer pour une spécialiste parce que je travaille avec les musiciens de l’EIC ne me gêne pas, bien au contraire. Ce sont de vrais musiciens, qui jouent la musique contemporaine comme de la musique, tout simplement.

Un public en augmentation
Hervé Boutry : En trente ans, le public de la musique nouvelle a considérablement augmenté. J’ai même constaté ce phénomène depuis mon arrivée à l’EIC, il y a deux ans. Cela tient sans doute au lieu, même si un concert Boulez attirera toujours plus de monde, mais aussi à l’éducation musicale, à la politique que nous menons pour former le public.

Sélection des partitions
Hervé Boutry : Nous avons un comité de lecture, conformément au souhait de Pierre Boulez, où des compositeurs de référence, avec lesquels nous avons une relation, sont représentés. C’est une instance de découverte de compositeurs que nous n’avons pas encore joués. Mais nous sommes contraints de faire des choix artistiques.
Suzanna Mälkki : De toute façon, si un nouveau Boulez ou un nouveau Ligeti arrive, on s’en apercevra. Beaucoup de compositeurs sont capables de très bien écrire, mais peu sont vraiment originaux.

Répertoire
Suzanna Mälkki : Nous ne sommes pas exclusivement tournés vers la création. Il faut donner régulièrement des œuvres devenues classiques : Le Marteau sans maître de Boulez, Kreuzspiele de Stockhausen. Et il y a aussi les pionniers, les grands anciens, comme Bartok ou Stravinski. La création, sur l’ensemble de nos programmes, représente 20% environ.

Répertoire
Suzanna Mälkki : Nos musiciens ont la chance d’être des permanents, alors que souvent les ensembles européens de musique contemporaine sont autogérés et travaillent sur des projets beaucoup moins nombreux que les nôtres.
Hervé Boutry : L’EIC ne croule pas sous les subventions, comme on le dit souvent. A la différence des orchestres symphoniques, nous devons vendre nos concerts pour exister. Nous commençons l’année avec un déficit qu’il faut combler. Les subventions représentent 2/3 de notre budget.

Orchestre de chambre, orchestre symphonique
Suzanna Mälkki : Chaque orchestre est différent, un orchestre de province finlandais n’est pas la Philharmonie de Berlin, mais la communication est plus facile avec un orchestre de chambre. Avec un orchestre symphonique, le chef doit décider et assumer sa décision ; la démocratie rallonge la durée des répétitions et personne n’est content. Et là, il faut diriger avec la baguette.

Affinités
Suzanna Mälkki : Selon les œuvres, je me découvre de nouvelles affinités, ce peut être pour le tuba, pour le saxophone, pour la grosse caisse. Cela varie tout le temps. C’est peut-être parce que je suis violoncelliste que j’ai une prédilection pour les instruments graves. Pour le répertoire, je suis plutôt axée sur le vingtième siècle, même si je dirige aussi Mozart ou Brahms ; de toute façon, je suis jeune et il faut dix ou quinze ans pour se constituer un répertoire. Mais j’aimerais diriger davantage d’opéras, connaître mieux l’opéra français contemporain…



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