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Des nouvelles d'Amérique du Nord
Le débat sur la place de la musique classique dans la société nord-américaine
bat son plein. Un récent article dans le New York Times incite les organisateurs de
concerts à prendre modèle sur les musées et à rendre attrayant ce qui
entoure « l’expression du passé ». Dans The Economist Norman Lebrecht
annonce qu’« une forme d’art arrive à sa fin ». En revanche, dans son livre
sur la maison d’édition Boosey et Hawkes, Helen Wallace témoigne de la vitalité de
la musique classique.
Il est vrai que pour transformer la perception d’un concert classique devenu ringard, de nombreuses
institutions musicales américaines dont The American Symphony Orchestra League
sont devenues depuis quelques temps de véritables militants dans le renouvellement
économique de « l’industrie musicale », ainsi qu’au niveau de la pression politique
auprès des tutelles (par rapport à l’éducation musicale et aux possibles subventions).
Ainsi s’opposent-elles aux augmentations substantielles des visas de travail pour les artistes invités
aux États-Unis. Elles organisent des conférences, des rencontres avec le monde des
affaires, communiquent les innovations qu’apportent les orchestres individuels, dialoguent au sujet du
changement des notions de « haute culture », de l’engagement des jeunes, des nouvelles
formes de création sous l’influence d’une technologie en constante évolution. Il est clair,
en effet, que les Nord-Américains changent radicalement la façon dont ils « consomment,
produisent et interagissent avec les arts ».
La ligue de l’American Symphony vient en plus d’annoncer cinq Conducting fellows, jeunes chefs
en résidence, avec quelques-uns des grands orchestres du pays. Ainsi Mei-Ann Chenn prendra
place à l’Atlanta Symphony Orchestra, Philip Mann à San Diego, Brett Mitchell à
Houston, Tito Muñoz à Cleveland et Ward Stare à Los Angeles.
Lors de la réunion annuelle de notre association jumelle, l’Association des Critiques
Nord-Américains (MCANA), à l’occasion du Festival de Spoleto à Charleston en
Caroline du sud, le Bureau exécutif ainsi que l’assemblée générale ont
beaucoup discuté de la relation de la critique et des médias. En particulier par rapport
à un certain nombre de journaux américains où d’une part, les critiques-staff sont
remplacés par des pigistes, et où par ailleurs, des critiques en titre se voient
chargés d’autres affectations dans des domaines parfois très éloignés
de la musique. Enfin, de façon plus radicale encore, les postes de critique sont tout simplement
éliminés. C’est ainsi que des critiques de musique (sérieuse/classique)
à temps plein ont été il y a peu de temps carrément éliminés
du Cincinnati Post, de l’Atlanta Constitution, du Minneapolis Star
Tribune, du Chicago Sun Times, du Cleveland Press, du Toledo
Blade, du Saint-Paul Pioneer Press et du New York Magazine. La MCANA
a décidé de réagir.
Pour sa part, la MCANA continue à organiser des instituts de critique qui sont l’une de ses meilleures
initiatives. Ceux-ci ont lieu à l’occasion d’un événement particulier à travers
les Etats-Unis. Ils permettent tantôt des discussions sur la critique en tant que telle, tantôt un
approfondissement de certains de ses aspects : comment, par exemple, critiquer des domaines
spécialisés comme la musique d’orgue, la voix ou l’opéra contemporain.
Ces instituts comprennent parallèlement des cours d’écriture que des critiques
chevronnés dispensent à des critiques débutants.
Dans cette optique, un Institut de la MCANA centré sur la connaissance de l’orgue fut
organisé en 2006 à l’occasion de l’inauguration de l’orgue de la salle de concert
rénovée de Cleveland.
L'aperçu 2006 de la vie musicale américaine
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