Mireille Larroche
directrice de la Péniche Opéra
C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris le décès de Guy Erismann. "
Monsieur Guy Erismann" comme j'aimais à l'appeler afin de lui témoigner mon tendre respect. Il fut mon père spirituel, le tout premier à avoir su repérer notre travail, à nous avoir fait l'honneur d'inviter la Péniche Opéra, en 1981 puis en 1982, au Festival d'Avignon.
Curieux des hommes, attentif aux femmes, amoureux du théâtre, passionné de notre époque, il savait tisser ces liens savants entre le passé et le présent, la culture et la création. Guy avait cette qualité qui appartient aux humanistes d'être à la fois intellectuel et amateur de bons vins, de bonne chère et de bonne compagnie. Compagnie qu'il savait trouver dans ses livres et les partitions de ses Martinu, Janacek, Dvorak, ou Smetana.
C'est avec simplicité et générosité qu'il abordait les œuvres les plus savantes de notre siècle, dédramatisant ainsi le rapport trop souvent élitiste entre l'avant-garde et le répertoire. Merci, Guy, de m'avoir prise par la main, de m'avoir initiée, de m'avoir encouragée à suivre les chemins passionnants de la création. Merci de m'avoir donné les clefs, la rigueur, le courage, l'humour, le plaisir de ces aventures extraordinaires que sont celles du théâtre musical et lyrique.
Tous les amoureux de création, de musique et de théâtre lui doivent beaucoup. Son sourire, son regard malicieux et attentif, son humour et son exigence sauront nous accompagner longtemps.
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