Eve Griliquez
productrice à France-Culture
Quand j’évoque mon ami Guy deux images se croisent dans mon souvenir, celles de la première et de la dernière fois où je l’ai rencontré.
La première fois, ce fut un soir au cabaret de l’Ecluse à l’occasion de la sortie d’un disque sur Raymond Queneau que je venais de réaliser. Il en avait fait la critique dans un magazine, il le commentait avec cet air tout à la fois facétieux et bon enfant, pas du tout du genre monsieur officiel. Le contact entre nous s’est établi immédiatement. Il ne s’est jamais rompu.
La dernière fois, c’était il y a quelques mois, quand nous étions réunis au sein d’une commission de l’Académie Charles Cros pour déterminer notre « coup de cœur » dans la catégorie « Parole Enregistrée »
Quarante ans s’étaient écoulés entre ces deux rencontres, ces deux rendez-vous, quarante années d’une collaboration et d’une amitié autour de la musique et de la poésie.
J’ai été productrice de son service à Radio France, et grâce à lui, que de belles choses j’ai pu réaliser ! Pour lui la culture devait être accessible à tous, pour lui la chanson n’était pas un art mineur et il lui trouva une juste place sur France Culture.
Je suis fière d’avoir été son amie, « sa fille de joie » comme il m’appelait malicieusement.
En pensant à lui, la nostalgie m’envahit. Je n’oublierai jamais les grandes heures d’Avignon, son festival où il me donna de si belles occasions d’exprimer ma passion de la poésie.
Je n’oublierai jamais la Neuve Grange, Pénélope, son épouse et toutes nos belles fêtes.
Sa gaieté, son humour, la fidélité de son amitié ne me quitteront jamais.
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