Éditorial par Didier Van Moere

Le Grand Prix Antoine Livio décerné à Louis Langrée

En décernant son Grand Prix Antoine Livio 2007 à Louis Langrée, la PMI est fidèle à sa vocation. Elle récompense en effet un artiste dont la dimension internationale ne cesse de s’affirmer, parce qu’il marque de son empreinte les différents répertoires qu’il aborde. Genève se souvient encore de son Pelléas et Mélisande et de son Eugène Onéguine, Glyndebourne de ses Mozart et de son Fidelio. Le MET l’a choisi pour diriger, il y a deux mois, Iphigénie en Tauride, qu’on n’y avait pas vu depuis 1917. Pour son soixantième festival, Aix-en-Provence lui a confié Zaïde de Mozart, que l’on pourra voir en juillet prochain.
Chef de théâtre ? Certainement, mais pas seulement à l’opéra : une symphonie ou un concerto sont pour lui des drames en soi. Il l’a prouvé à Liège, où il a passé cinq belles années à la tête de la Philharmonie. Louis Langrée pourrait se définir comme un conteur en musique.
Notre PMI a également distingué en lui un artiste indépendant, peu soucieux des modes et de l’air du temps, ne se reconnaissant dans aucune école, rebelle au vedettariat, se contentant d’être lui-même. Tout simplement heureux de diriger les œuvres qu’il aime. Il n’est pas, par exemple, homme à donner des intégrales : chez Bruckner, chez Mahler, chez Wagner, il fait ses choix. Et celui qui est à la tête du Mostly Mozart Festival de New York depuis 2003 va, la saison prochaine, reprendre Fortunio de Messager à l’Opéra-Comique. Eclectique toujours, encyclopédique jamais.
A l’occasion de ce Grand Prix, Louis Langrée nous a accordé un entretien dont nous rendons compte ici même. Certains de ceux qui ont travaillé avec lui ont tenu à lui exprimer leur amitié. Nous publions dans ce numéro les premiers témoignages que nous avons reçus.

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Notre entretien avec Louis Langrée

par Didier Van Moere

"Il n’y a pas de style Langrée. Il y a des œuvres que j’apprends pour la première fois, d’autres que je connais depuis trente ans, qui appartiennent au grand répertoire d’orchestre. J’ai étudié la Première Symphonie de Brahms, que je viens de diriger à Lyon, à 16 ans, alors que je n’imaginais absolument pas devenir chef d’orchestre. Dans les deux cas, j’essaie d’abord d’étudier la structure, de voir surtout ce que dit l’œuvre. Je suis influencé par ma pratique de l’opéra : dans un opéra de Mozart, toute phrase musicale est en relation avec le théâtre. Quand vous travaillez avec un orchestre, vous n’êtes pas dans le « comment faire », mais dans le « quoi dire »."
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Jean-Pierre Rousseau, directeur général de l'Orchestre philharmonique de Liège

Dans la galaxie des étoiles, pour ne pas dire des stars, de la musique classique, Louis Langrée brille d'un éclat singulier. Rien de ce qu'il dirige, quelque répertoire qu'il aborde, ne laisse indifférent, ou ne paraît copié sur autrui.
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Tim Cobb, Principal Bass of the Met Orchestra and of the Mostly Mozart Orchestra

Louis is a highly talented conductor who brings his dedication, intensity and love for music to every work he conducts. His debut at the Met was a great success and a very good example of his ability to convey his passion for a difficult work like Gluck's Iphiginie in Tauride ( a work the orchestra and chorus were not familiar with), and to lead us very effectively in realizing his view of this amazing score.
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Renaud Capuçon, violoniste

J'ai eu le bonheur d'enregistrer récemment des Concertos de Mozart en compagnie de Louis Langrée. Sa personnalité attachante, son amour de la musique, son respect des musiciens -aussi bien en répétition qu'en concert - font de lui un ce ces "passeurs" d'âme, un de ceux dont on peut dire qu'ils "servent" la musique mais ne s'en "servent" pas.
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Claire-Marie Le Guay, pianiste

Portrait en forme d'acrostiche
à lire ici

Peter Sellars, metteur en scène

High energy, high intensity, and high stakes – it’s life and death when you’re working with Louis Langrée. Every musical decision is an emotional, philosophical, and ethical watershed. His scrupulous imagination seizes on the notes but also on the invisible structures between the notes, the grammar, the breath, the spiritual exaltation.
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Alain Lanceron, directeur d'EMI Classics France

Louis Langrée a un gros défaut : il est beaucoup trop modeste. Avec seulement une parcelle de son talent, j’en connais beaucoup qui feraient sonner les trompettes de la renommée en se mettant constamment au premier plan. Lui poursuit son parcours sans concessions, gravissant le chemin de la gloire étape par étape, en ayant pris le temps tout simplement d’apprendre son métier pour devenir une personnalité unique et indispensable au paysage musical d’aujourd’hui : une carrière à l’ancienne, en somme, qui parait presque révolutionnaire de nos jours !
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Évolution de la vie musicale au Luxembourg

par Remy Franck
En Europe, le Luxembourg occupe une place enviable dans la statistique: Une enquête réalisée en 2005 montre que 38% de la population assistent au moins une fois par an à un concert, ce qui place le pays en septième position, après la Lituanie, la Suède, la Lettonie, l'Estonie, le Danemark et la Tchéquie. L'Allemagne suit à la dixième place, la patrie de Mozart, l'Autriche, à la 14e place. La musique classique y est pour beaucoup dans ce bon résultat du Grand-Duché. Approximativement 45% des manifestations sont du genre classique, ce qui correspond à peu près au pourcentage de mélomanes assistant à des concerts.
Une autre comparaison est hautement significative: sur un total de 116.000 auditeurs qui ont assisté à un concert classique, l'Orchestre Philharmonique en a rassemblé 51.000. Cela montre l'importance de l'Orchestre national dans la vie musicale du pays, qui, aussi riche et foisonnante qu'elle puisse être de nos jours, a débuté bien modestement.
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Rumeurs à l'Opéra comique

par Pierre-René Serna
« Rumeurs », c’est l’intitulé que l’Opéra-Comique réserve à l’animation qu’il met en place pour faire cortège à chacune de ses grandes productions. Le vocabulaire imagé ne manque pas pour désigner ces initiatives qui se veulent le reflet du dynamisme de la maison : “ aller à la rencontre du public, multiplier les accès et chemins de traverse en éclairant chaque production phare par une multiplicité de manifestations annexes ”, selon les vœux de son directeur. Car cette politique entend aussi favoriser l’accès d’un répertoire méconnu au plus large public. Jérôme Deschamps ne manque pas d’idées comme quand il institue, par exemple, un “ mécénat de regard ”, formule qui permet à une personne un peu plus fortunée d’acheter une seconde place qui profitera à un invité inconnu d’elle. Pour les retrouvailles avec Zampa, en mars, la rumeur enflera, comme il est de règle. Et d’autres surprises émailleront différents lieux du théâtre en écho au grand spectacle du mois. En l’espèce, l’Opéra-Comique pousse encore davantage une politique d’ouverture que pratiquent d’autres institutions lyriques, le Châtelet, le Théâtre des Champs-Élysées et bien entendu d’Opéra de Paris, pour n’en rester qu’au cas parisien.
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Rencontres

Ariane à Saint-Etienne

Le 9 novembre 2007, la présence à la première d’Ariane de cinq membres de la PMI (Caroline Alexander, Leszek Bernat, Victor Ignatov, Stephen Mudge et Didier Van Moere) perpétuait cette tradition d’amitié entre notre association et Jean-Louis Pichon, directeur de l’Opéra-Théâtre et du festival, qui a depuis Amadis en 1988, assuré toutes les mises en scène des opéras du compositeur stéphanois. Il a, avant la représentation, reçu la délégation de la PMI, pour lui présenter sa conception d’Ariane, créée à l’Opéra de Paris en 1906.
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Livres

Richard Strauss, mode d'emploi

Comme dans son Wagner mode d'emploi où il nous ouvrait les portes du Maître de Bayreuth, Christian Merlin nous donne les clés de la maison Strauss. Il nous propose une visite à travers les opéras, dont certains restent fort peu connus.
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Robert Schumann sous le Masque : Roman musicologique

Comme il aime à le dire de lui-même, Christian Wasselin se partage entre la fiction et la musicographie. Quoi de mieux alors qu’un «roman historique», où la vérité des faits se mêle de plongées vers l’inconnu, où le savoir musicien fait la part belle à l’emportement onirique ?
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Richard Strauss face à l'histoire

Quoi de plus naturel, pour un critique, d’écrire la biographie de son compositeur favori ? Peut-être, paradoxalement, préférer au strict rapport scientifique celui du roman historique, comme fait Bruno Serrou en publiant Strauss et Hitler, s’autorisant ainsi une proximité plus familière qu’il partage avec son lecteur.
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> Tous les invités de la PMI

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Dernière mise à jour Mai 2008